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Le bio dans le monde : les faits

Catégorie

Actualité

Publication

21/03/2019

Le bio dans le monde : les faits

Prise de conscience environnementale, besoin de transparence ou nouvelles intolérances alimentaires sont quelques-uns des facteurs qui expliquent la popularité croissante du bio. Mais quelle est aujourd’hui la taille de ce marché ? Selon les premières estimations, confirmées par les statistiques de BioFach, il aurait dépassé pour la première fois en la barre des 95 milliards de dollars en 2017.

Le marché du bio a fortement progressé ces dernières années. Les chiffres présentés par l’IFOAM - Organics International, l’Institut suisse de recherche de l’agriculture biologique (FiBL) et la Société allemande d’information sur les marchés agricoles (AMI) lors de la Foire mondiale pour les produits biologiques BioFach 2018, montrent que le marché européen a progressé en 2016 de 11,4%, à 33,5 milliards d’euros tandis que le marché mondial générait plus de 80 milliards d’euros. L’Amérique du Nord (Etats-Unis : 38,9 milliards d’euros) était en tête, suivie de l’Europe, et plus particulièrement de l’Allemagne (9,5 milliards d’euros) et de la France (6,7 milliards d’euros). La croissance la plus importante a été enregistrée en Irlande (+ 21,8%) et le Danemark était, à nouveau, le pays dans lequel les produits bio possédaient les plus grosses parts de marché (9,7%). En ce qui concerne la superficie totale des terres dédiées à l’agriculture bio, 2016 est également une année intéressante puisqu’elle a progressé de 15% par rapport à 2015, atteignant 57,8 millions d’hectares. L’Océanie (27,3 millions d’hectares) et l’Europe (13,5 millions d’hectares) étaient les deux continents possédant le plus de terres consacrées au bio. Pas moins de 178 pays étaient impliqués dans l’agriculture bio tandis que le nombre de producteurs a augmenté de 12,8% pour atteindre 2,7 millions (2016). On notera que la majorité d’entre eux (84%) sont concentrés sur trois continents – Asie, Afrique et Amérique latine – et que le top trois des pays qui en comptent le plus sont l’Inde (835.000), l’Ouganda (210.352) et le Mexique (210.000).

Le cap des 95 milliards de dollars est atteint

Les statistiques les plus récentes (2017) qui ont été présentées lors de l’édition 2019 de BioFach en février, confirment la tendance d’une croissance positive du marché des produits bio. “Il s’agit d’une tendance mondiale. Selon les premières estimations, le marché mondial devrait dépasser 95 milliards de dollars (2017)” explique Amarjit Sahota du bureau de conseils et d’études de marché londonien Ecovia Intelligence (anciennement Organic Monitor). “Nous observons une forte croissance en Amérique du Nord et en Europe mais le marché asiatique n’est pas en reste.”

Le marché allemand dépasse le cap des 10 milliards d’euros

Lorsque l’on se penche sur les marchés européens, on constate que quelques caps importants ont été franchis en 2017. Pays d’Europe le plus peuplé, l’Allemagne affiche une progression de 5,9%, ce qui lui permet de dépasser le cap des 10 milliards d’euros (10,04 milliards) et de représenter près d'un tiers du total des ventes de produits bio sur le continent européen, conservant, et de loin, sa position de leader. Quant à la superficie des terres consacrée au bio, l’Allemagne poursuit sur sa lancée, avec une progression de 10% pour un total de 1,4 million d’hectares. Un excellent résultat car il signifie qu’en Allemagne, 8,2% de la totalité des terres agricoles sont dédiées au bio.

France : les ventes ont doublé en 5 ans

L’Allemagne est suivie de près par la France, qui connaît une forte croissance depuis plusieurs années. Selon l’Agence Bio, le bio, consommation hors domicile comprise, a généré en 2017 un chiffre d’affaires de l’ordre de 8,3 milliards d’euros (+ 17%). De plus, le marché français a doublé en valeur entre 2012 et 2017. Cette impressionnante statistique a encouragé les agriculteurs à effectuer la transition biologique, entrainant une nette augmentation des terres agricoles consacrées au bio qui atteint 1,78 million d’hectares. Et ce n’est pas la seule bonne nouvelle : l’agriculture bio a également généré de l’emploi. Entre 2012 et 2017, pas moins de 50.000 nouveaux emplois ont été créés dans la chaîne de production (hors commerce), ce qui représente une augmentation annuelle de 9,5%. En 2017, 134.500 personnes travaillaient dans la production et dans la transformation des produits. En d’autres termes, près d’un emploi sur huit dans l’agriculture est dédié au secteur bio, alors que le rapport n’est que d’un sur dix en Allemagne.

Le Danemark reste leader du marché des produits bio

Le Danemark est acteur remarquable du marché du bio. Le pays a enregistré une augmentation spectaculaire de ses ventes – +31%, à 1,6 milliard d’euros – en partie parce qu’il a été pour la première fois tenu compte des ventes en ligne. Mais il n’a pas été tenu compte des exportations qui se montent à 322 millions d’euros. Le Danemark est également le pays où les produits bio détiennent les plus grosses parts de marché, 13,3% (par rapport à 9,5% en 2016), soit nettement plus qu’en Allemagne (5,4%) ou en France (4,2%) et même 9 fois plus qu’en Grande-Bretagne. Une belle récompense pour le gouvernement danois qui soutient activement le marché bio depuis près de trente ans et, bien entendu, pour tous les acteurs du marché.

Les mauvais élèves

D’autres pays ont enregistré une croissance plus lente. Après avoir connu un fléchissement de sa croissance depuis la crise financière et économique de 2008, le marché anglais semble se redresser. En 2017, il a gagné 6% à 2,5 milliards d’euros. Pourtant, les problèmes ne semblent pas complètement évacués. Le Brexit risque de faire mal au secteur alimentaire, y compris au bio. Une chose est sûre : les Britanniques vont devoir serrer les dents pendant un moment. La croissance est également légèrement plus lente aux Pays-Bas que dans d’autres pays européens. Bien que selon le Bionext Trend Report 2017, le chiffre d’affaires dépasse pour la première fois 1,5 milliard d’euros, la croissance n’a été que de 5%, principalement grâce à l’augmentation des ventes de produits frais. Quant aux canaux de distribution, on note les nets progrès du commerce conventionnel (+ 51,5%), suivi par le commerce spécialisé (+ 21,5%), les repas hors domicile (+ 20%) et les autres canaux de vente (+ 7 %). Selon Skal Biocontrole, le nombre de producteurs bio néerlandais a augmenté de 10%, pour une surface totale de 70.000 hectares.

La croissance saine du marché belge

Bien que la croissance du marché belge soit plutôt faible comparée aux leaders que sont l’Allemagne et la France, en 2017 la consommation a progressé de 6% selon les chiffres de Statbel et Bio Wallonie. Les terrains dédiés à l’agriculture bio ont augmenté de  8%, pour une superficie totale de 83.000 hectares. Autre note positive : les parts de marché des produits bio ont atteint 3,4% en 2017, soit un doublement par rapport à 2008.

Talent en devenir

Contrairement à ce que beaucoup pourraient penser, la Pologne est un marché qui devrait connaître une forte croissance dans les années à venir. Bien qu’il soit encore relativement étroit – un chiffre d’affaires estimé à 250 millions d’euros par la Chambre polonaise de l’Alimentation Ecologique en 2018 – la demande augmente et le nombre de chaînes spécialisées en bio est en pleine expansion. Selon Urszula Sołtysiak, porte-parole de la Chambre polonaise de l’Alimentation Ecologique, le marché polonais a progressé de près de 30% depuis 2015. Elle a souligné que son gros potentiel restait encore sous-exploité. En 2017, le pays comptait environ 800 magasins bio. Le nombre de producteurs bio est passé à 20.256, ce qui correspond à une superficie totale de 494.979 hectares de terres consacrées au bio.

Une chose est claire : le marché des produits bio est en plein essor et il semble que cette croissance se poursuivra au cours des prochaines années. En témoignent les nombreux nouveaux acteurs qui entrent sur le marché et les grands retailers qui ont pour mission de rendre le bio abordable pour tous.