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Intelligences et bien-être au travail : un duo parfait !

Catégorie

Actualité

Publication

02/06/2019

Intelligences et bien-être au travail : un duo parfait !

 Les qualifications et les connaissances sont des outils importants pour le bien-être au travail. Mais ce n'est pas tout. Dans l'environnement de travail, les sentiments et les émotions méritent une place centrale.

Chaque employé a une vision de son travail spécifique et, en tant qu’employeur, on doit prendre en compte les capacités personnelles de chacun.

On ne peut pas exiger un dévouement minimum ou maximum uniforme pour chacun. Le travail n’est pas une « vocation » pour tout le monde. Parfois, il ne s’agit que d’une « carrière » ou même de rien de plus qu’un « boulot ». L’agence américaine Gallup a mené une enquête sur la satisfaction des employés, leur implication et leur passion pour leur travail. Dans leur rapport de 2017 (interrogation dans 155 pays au cours de la période 2014-2016), ils répartissent, eux aussi, les participants en trois catégories, sur la base des résultats :

  • L’employé engagé ou impliqué : est enthousiaste, aime travailler et s’identifie même avec son travail.
  • L’employé qui « fait juste son travail » : il ne se sent pas psychologiquement attaché à son travail. Il effectue les tâches qui lui sont assignées, consacre le temps obligatoire à son travail et c’est tout.
  • L’employé complètement démotivé : il s’engage le moins possible, n’aime pas du tout travailler et déteste activement son travail. Il est plein de frustration, exprime celle-ci et sape parfois l’enthousiasme des autres.

Au niveau mondial, 15 % des employés bénéficient d’une réelle satisfaction au travail, 67 % ne sont guère intéressés et 18 % travaillent tout à fait contre leur gré. Chez nous, en Europe occidentale, 10 %, des employés sont satisfaits, 71 % sont démotivés et 19 % vont au travail contre leur gré.

Comment comprendre cela ?

Tout le monde peut trouver des aspects de sens et de satisfaction dans une tâche.  L’aspect émotionnel ou social de la façon dont on entreprend le travail (empathie, vigilance, être à l’écoute…) peut faire de chaque tâche une œuvre d’art. Une moindre implication peut provenir d’une absence de reconnaissance réelle (pas de surface) : aujourd’hui, les travailleurs pensent collaboration-participation, et bien des managers n’en sont pas encore là ! Mais c’est aussi ces personnes les plus impliquées qui sont les plus à risque de burn out !

intelligences émotionnelles 2

Intelligences ?

Un QI élevé est un atout, mais les qualités sociales sont tout aussi importantes (travail d’équipe, perspicacité, ressentir l’atmosphère ou la tension sur son lieu de travail, être à l’écoute, se traiter avec respect, etc.). Trouver une bonne façon de collaborer avec chacun de ses collègues (donc, également ceux que l'on trouve agaçants) garantit des résultats optimaux. Apprenez, donc, à les connaître. Démolissez ces murs entre vos collègues (ou au moins, construisez une porte, et si ce n’est pas possible une fenêtre, ou un tout petit vasistas…), votre équipe en sortira plus forte. 

Tout le monde éprouve des sentiments, des émotions (agréables ou désagréables). Ce que l'on en fait varie fortement et dépend du caractère de la personne en question, de son tempérament, de son éducation… Plus sa connaissance de soi et son influence sur les facteurs changeables sont grandes, plus on peut mettre en place une action préventive ciblée. C’est pourquoi il est important de continuer à étendre ses connaissances dans ces domaines. Pour ce faire, on doit connaître sa compétence (ou son intelligence) émotionnelle. C’est la façon dont on identifie, exprime, comprend, règle et utilise ses propres émotions (et celles des autres).

Si on laisse les problèmes s’accumuler, ils commencent à fermenter. La mixture ainsi créée est imprévisible et comporte, donc, des risques. On voit des allusions personnelles, même s’il n’y en a pas. On perd son attention dans les conflits et la productivité baisse. En conséquence, des problèmes, des irrégularités, des obstacles ou des accidents peuvent survenir. Pour réduire (ou éviter) le temps et l’énergie que l’on y met, nos compétences sociales revêtent une importance capitale.

S’il est difficile de déterminer son QI exact, on peut volontiers dire que le concept d’intelligence émotionnelle est encore plus vague sur le plan de la mesurabilité. Chaque personne a un profil émotionnel constitué de forces et de faiblesses très difficiles à exprimer en un chiffre. Essayez attribuer un score à votre capacité à maintenir de bons contacts sociaux avec vos collègues ou vos clients. Avez-vous les compétences émotionnelles nécessaires pour obtenir un bon équilibre émotion/raison ? Comment améliore-t-on ses compétences en communication et comment assure-t-on que son interlocuteur comprenne le sens exact de ce que l’on veut dire ?

Peut-être convient-il de se détacher de la discussion sur la « mesurabilité ». Il vaut mieux donner une idée claire du concept « intelligence émotionnelle ». C’est un premier pas vers le développement de ses compétences émotionnelles. Il convient mieux de se concentrer davantage sur les compétences, parce que, celles-ci, on peut bien les développer !

Aperçu des compétences émotionnelles

Afin de mieux travailler avec les collègues, il est intéressant de prendre en compte les forces et les faiblesses de chacun. Il convient de commencer par un examen critique de son propre caractère (ou d’oser l’évaluation 360° par les collègues !!!!) tout en gardant à l’esprit la question de quelles compétences sont importantes. Savoir quelle est notre motivation, ce qui nous agace et comment nous réagissons dans une situation donnée, nous aide parfois à mieux comprendre comment un autre se sent dans la même situation.

Pour connaître son caractère et savoir ce que l’on représente, la première chose qui compte est la conscience de soi. On connaît ses qualités et ses limites, sait ce que l’on pense, ce que l’on fait et les réactions que cela peut susciter. Cela fait augmenter la confiance en soi.

Une forte conscience de soi mène à une bonne maîtrise de soi. On contrôle les impulsions dérangeantes, les peurs et les soucis. On a l’esprit positif et l’on peut gérer pas mal de tension. On est sincère, on prend l’éthique et l’honnêteté au sérieux et l’on tient ses promesses. Si une situation tourne mal, on ose l’admettre et l’on cherche une solution. On regarde les choses parfois sous un angle inattendu et original.

Une troisième compétence émotionnelle personnelle est la motivation.Elle est issue d’une volonté de saisir les opportunités. On prend des initiatives lorsque cela est nécessaire et l’on est axé sur les résultats. On part de l’optimisme et de l’espoir de réussir, et non d’émotions négatives, telles que la peur de l’échec ou la jalousie.

Outre la connaissance de soi, on a également besoin d’un ensemble de compétences sociales. Comment traite-t-on les autres et quelles sont ses relations avec ses collègues ?

La capacité la plus importante est l’empathie. On peut se mettre dans la peau de l’autre, ses sentiments et son point de vue. Il s’agit d’interagir avec tout le monde, avec des personnes d’origines et de groupes très différents. Cela signifie également que l’on ne peut pas seulement parler, mais également être à l’écoute. On a une antenne pour les sensibilités de notre interlocuteur et l’on comprend ses besoins.

À partir de cette compétence, on peut encourager les autres à s’améliorer et à se développer. On voit leurs points forts et leurs points à améliorer. On les aide à s’impliquer. Cela se fait en les guidant dans leur processus d’apprentissage ou d’amélioration.

Outre l’attention pour les collègues, il faut apporter de l’attention au client. À travers un bon service, on ressent les besoins du client et l’on peut adapter son comportement en conséquence. Pensons au sympathique chauffeur de bus qui nous emmène régulièrement.  Sans l’utilisateur ou le client, l’organisation perd toute raison d’être. C’est pourquoi il est important d’entretenir une relation personnelle avec ses clients. Si, parfois, vous osez envoyer un client à un concurrent, il verra que c’est son intérêt à lui qui prime pour vous. Il appréciera ce geste et en profitera cette fois-ci. La prochaine fois, il trouvera certainement le chemin vers votre magasin ou votre organisation.

Photo intelligence

Les opportunités que l’on crée pour les minorités ou la mise à profit de la diversité constituent un autre élément déclencheur important. Le monde est diversifié et la flexibilité augmente votre potentiel. La variation des conceptions culturelles renforce votre position sur le marché.

Le pouvoir d’une utilisation efficace de ses compétences sociales

Pour obtenir un fonctionnement adéquat d’une équipe, il est intéressant de maîtriser l’art de la gestion inspirante d’individus et de groupes. Tout d’abord, on doit être capable de gérer les conflits. On doit pouvoir agir de manière préventive, être attentif aux problèmes et les mettre sur le tapis d’une manière qui convient à tout le monde. Organisez, donc, des échanges et discussions ouverts. Veillez à ce que toutes les parties puissent faire entendre leur voix et s’écoutent. Recherchez ensemble une solution dans laquelle personne ne perd la face et avec laquelle la situation de conflit se réduit à des limites acceptables.

motivation

Une autre technique pour sublimer la collaboration consiste à introduire une politique de groupe autogérée. Ayez confiance en la force de vos collaborateurs. Vous la récupérerez largement. Lorsque les décisions sont prises d’une façon décentralisée, vous tirez les enseignements de l’expertise et de l’expérience sur le terrain de vos propres employés. Ils se savent acceptés comme partenaires sérieux, ce qui augmente considérablement leur motivation. Hiérarchie n’est pas un mot pour le vingt-et-unième siècle. Il est dépassé.

On doit, enfin, assurer une utilisation optimale des capacités de l'équipe.

Cela se fait en construisant des ponts avec toutes les personnes impliquées (vos collègues et partenaires externes). Il est utile de nouer des partenariats avec des personnes de votre vaste réseau formel et informel. Ces relations sont précieuses et forment un cercle de relations aussi fort que votre dernier contact. Donc, il vaut mieux les entretenir.

 

Sources :

  • L’intelligence émotionnelle, Daniel Goleman (1999)
  • Des émotions bien gérées réduisent l’utilisation de soins de santé, Mutualité chrétienne, 2014
  • Pourquoi on travaille, Barry Schwartz (2016)

Herman Verdyck