Un robot de livraison intelligent, un agent IA qui gère les stocks ou un bras robotisé qui apprend seul : l’intelligence artificielle est de plus en plus présente dans la logistique. Voici cinq innovations qui démontrent ses bénéfices concrets.
1. Le bras robotisé piloté par IA d’Active Ants

Filiale du groupe bnode (ex-bpostgroup) et spécialiste du fulfillment pour les webshops, Active Ants a récemment présenté un bras robotisé piloté par l’IA. Équipé de trois types de pinces pour soulever les produits et les placer dans le bon carton, cet appareil peut traiter jusqu’à 600 colis à l’heure. Grâce à l’IA, il reconnaît tous les produits et apprend de ses erreurs. À titre de comparaison, un bras robotisé équipé d’un logiciel traditionnel doit être programmé à l’avance, opération fastidieuse et chronophage. “Le fait que le nouveau robot apprenne de ses erreurs est particulièrement crucial car cela nous permet de garantir une qualité constante, de faire moins d’erreurs et de gagner du temps”, explique le CEO Bram Blondé. “Nous partageons d’ailleurs les enseignements tirés de notre bras robotisé piloté par l’IA avec ceux de notre entrepôt aux Pays-Bas, ce qui permet aux robots de ne pas commettre les mêmes erreurs et d’apprendre à reconnaître davantage de types de produits différents.”
Le bras robotisé est particulièrement utile lorsque les délais sont serrés et pendant les périodes d’intense activité. “En effet, nous pouvons désormais accepter des commandes jusqu’à 24 heures avant la livraison et livrer le client endéans 6 à 7 heures”, poursuit Bram Blondé. “Cette innovation nous permet donc de mieux respecter nos délais et de répondre aux pics de commandes importants, le soir ou pendant les périodes de forte activité tel le Black Friday.” Elle ne devrait pas entraîner de suppression d’emplois. “Nous essayons autant que possible de conserver nos collaborateurs. Le robot les soulage des tâches répétitives, leur laissant davantage de temps pour des tâches à plus forte valeur ajoutée, comme l’ajout de rubans à l’emballage, par exemple. Nos collaborateurs bénéficient également de formations internes. Par exemple, les moins qualifiés suivent des formations techniques afin de pouvoir résoudre d’éventuels problèmes sur les robots. La plupart des personnes qui travaillent chez nous en tant que techniciens ont commencé comme préparateurs de commandes avant de suivre une formation interne”, conclut Bram Bondé.
2. Des lunettes pour les livreurs d’Amazon

Comment améliorer l’efficacité du dernier kilomètre ? Amazon pense y parvenir en équipant ses livreurs de lunettes intelligentes, baptisées Amelia en interne. Récemment dévoilées, elles intègrent une caméra, un écran et bien sûr l’IA. Amazon estime qu’elles devraient permettre de gagner jusqu’à 30 minutes lors d’un service de 8 à 10 heures grâce à la réduction des tâches répétitives et à la localisation plus rapide des colis dans le camion. L’entreprise n’a pas négligé la sécurité : les lunettes s’éteignent automatiquement dès qu’elles détectent qu’elles se trouvent dans un véhicule en mouvement. Elles sont également équipées d’un interrupteur physique pour permettre au livreur de les désactiver ainsi que tous les capteurs, y compris la caméra et le microphone. Le projet est actuellement en test aux États-Unis. Le géant de l’e-commerce rejoint ainsi d’autres géants de la tech qui expérimentent des appareils portables. “Nous prévoyons que les versions à venir offriront une détection d’anomalies en temps réel, avertissant par exemple le livreur qui aurait accidentellement livré un colis à un client qui ne correspond pas au numéro de maison ou d’appartement indiqué sur le colis”, explique Amazon. “Ces versions évoluées pourraient également détecter des dangers tels qu’un mauvais éclairage et ajuster les lentilles en conséquence, avertir de la présence d’un animal domestique dans le jardin et bien plus encore.” Il est possible qu’une version grand public de ces lunettes soit commercialisée ultérieurement.
3. Les robots de PostNL
Elon Musk prédit un grand avenir aux robots. Selon lui, les gens pourront à l’avenir choisir de travailler ou non. PostNL a peut-être une vision un peu plus terre-à-terre de l’impact de ses robots de livraison. L’entreprise a testé plusieurs scénarios de livraison avec divers robots dans la ville de Leerdam. Des chiens robots transportent les colis jusqu’à la porte d’entrée, opérant en véritable assistant du livreur. Dans un point PostNL, des robots serveurs aident les employés, accélérant le service aux clients. PostNL a également testé un robot humanoïde pour remplir un distributeur automatique de colis. La technologie n’en est encore qu’à ses balbutiements et nécessite des développements supplémentaires avant de pouvoir être utilisée dans l’espace public.
“En expérimentant la robotique dès maintenant, nous comprenons mieux comment la technologie peut aider nos livreurs et comment l’innovation technologique peut nous permettre d’améliorer encore nos services. Le test en conditions réelles du chien robot s’est révélé très prometteur. En revanche, le robot humanoïde n’est pas encore adapté à tous les formats de colis. Pour rester à la pointe, nous travaillons aujourd’hui à la livraison de demain”, explique Stephan van den Eijnden, directeur e-commerce chez PostNL.

Le recours aux robots n’est pas une nouveauté pour l’entreprise néerlandaise. Il y a plusieurs années que ses centres de tri sont équipés de robots pour trier les colis de manière intelligente et rapide. En 2021, PostNL a ouvert à Nieuwegein un centre de tri robotisé de haute technologie, spécialement dédié aux petits colis. On y trouve une série de techniques et d’outils innovants, comme 175 robots pour le transport interne, des bras robotisés qui placent les colis sur le tapis roulant et des stations d’ensachage. Cela permet de trier les petits colis 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
4. L’IA agentic de Walmart
L’IA agentique – des systèmes qui prennent des décisions autonomes – promet des changements majeurs pour la logistique et le retail. Walmart semble beaucoup y croire : l’été dernier, l’entreprise a annoncé avoir réalisé des progrès considérables dans l’unification de sa chaîne d’approvisionnement mondiale grâce à l’IA. La chaîne de supermarchés américaine utilise des agents IA autonomes pour la coordination des stocks, le fulfillment et la logistique quasiment en temps réel. Comment cela fonctionne-t-il ? Grâce à l’IA, Walmart est en mesure de prévoir la demande au niveau des magasins et des références. Les données relatives aux stocks sont ensuite automatiquement ajustées. Cela permet de réduire les ruptures de stock. Des facteurs tels que la météo locale ou les événements publics peuvent également être pris en compte pour ajuster les stocks. La chaîne d’approvisionnement est déjà activée avant même que le premier employé ne soit sur place. “Des systèmes prédictifs de gestion des entrepôts et des transports identifient déjà les meilleurs itinéraires de livraison et adaptent les commandes à la demande dans les magasins. Lorsque le premier employé arrive, le planning quotidien est déjà en cours”, indique le retailer. Ces mêmes systèmes coordonnent les commandes, signalent les anomalies et optimisent le flux sortant des produits. Chaque produit déplacé l’est dans un but précis et le contrôle se fait en temps réel. Les centres de distribution autonomes aux États-Unis utilisent également la robotique et l’IA prédictive pour traiter plus rapidement les denrées périssables, ce qui réduit le gaspillage alimentaire et optimise la disponibilité dans les rayons. La technologie de chaîne d’approvisionnement de l’entreprise est opérationnelle sur les marchés internationaux, notamment au Costa Rica, au Mexique et au Canada.

5. Chez Zalando, la robotique pilotée par l’IA
Zalando accélère ses projets d’automatisation. En 2025, l’entreprise a mis en service neuf robots dans ses centres de distribution européens et d’autres suivront en 2026. Elle collabore avec Nomagic, entreprise polonaise dont les solutions basées sur l’IA prennent en charge des tâches telles que la préparation des commandes, le scan et l’alimentation des systèmes de tri automatisés au niveau des articles. La vision par ordinateur et à l’apprentissage automatique permettent aux robots – appelés Richard – de traiter une gamme de produits de plus en plus variée, d’apprendre en permanence et de s’adapter à l’évolution des stocks. Pour Zalando, qui traite dans ses entrepôts une très large gamme de produits de mode et de lifestyle, c’est un facteur décisif. Lors d’un projet pilote commun, la solution a atteint une moyenne de 10.000 préparations de commandes par jour. Marcus Daute, vice president logistics network chez Zalando, précise : “La technologie de Nomagic est une indéniable valeur ajoutée dans la mesure où nous pouvons rapidement faire évoluer notre automatisation sans compromettre la qualité du service.” Les robots doivent contribuer à l’ambition du retailer de rendre ses centres de distribution encore plus flexibles et durables. Zalando et Nomagic ont conclu un partenariat international qui fait suite à une prise de participation minoritaire récente de Zalando dans Nomagic. La société polonaise a ainsi levé 44 millions d’euros. Elle a été fondée il y a huit ans par une équipe d’anciens ingénieurs de Google. “Notre partenariat avec Zalando montre comment IA et robotique permettent d’apporter de réelles améliorations dans le domaine de la logistique à grande échelle. Ensemble, nous allons déployer notre technologie dans davantage de centres de distribution en Europe”, indique son CEO Kacper Nowicki.
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