Analyse
3/11/26

“Une assurance cyber est une dépense de quelques centaines à quelques milliers d’euros par an”

Depuis ce matin, une cyberattaque touche le secteur du retail belge. D’abord ciblées, les enseignes d’alimentation (Carrefour, Delhaize, Intermarché, Spar) ne sont plus les seules impactées : le phénomène s’est étendu à d’autres commerces comme Ikea et Galler, ainsi qu’à plusieurs pays européens (Luxembourg, Royaume-Uni, Suède, entre autres). Face à cette situation, l’inquiétude monte chez les gérants de magasins quant à leur indemnisation. Seront-ils réellement pris en charge ? Le point avec Nathalie Pierard, porte-parole du groupement des assureurs belges Assuralia.

Un commerçant victime d'une cyberattaque est-il couvert ?

Cela dépend de la souscription d’assurance. L’assurance cyberattaque est une assurance complémentaire, que prennent surtout les grandes entreprises et les professionnels, et que le particulier peut aussi envisager. Une garantie cyber peut faire partie d'un paquet d'assurances, mais ce n'est pas automatiquement inclus. Celui qui a signé une couverture cyber sera couvert oui. Mais tout dépend des conditions particulières du contrat : chaque contrat est particulier, et il n'existe pas de contrat type qui convienne à tout le monde. Donc les personnes pouvant bénéficier d’une indemnisation dépendent fortement de la police cyber souscrite et de l’entreprise auprès de laquelle celle-ci a été conclue.

Que couvre cette assurance, et dans quels cas ne paie-t-elle pas ?

Les polices cyber peuvent couvrir les frais de reconstitution des données et des fichiers, l'assistance informatique et les pertes d'exploitation. Certaines incluent la responsabilité civile et les conséquences d'une cyber-extorsion. Les besoins varient selon l'activité. Elle peut couvrir les dommages propres subis par l’assuré, mais également les dommages causés à des tiers. Pour un aéroport, une attaque sur les systèmes informatiques entraîne des frais supplémentaires lorsque des vols sont annulés et que les passagers réservent à nouveau ou sont remboursés. Pour un supermarché, elle peut laisser de la marchandise périmée. Une entreprise qui n'a qu'un site internet avec des données confidentielles n'a pas les mêmes garanties à prévoir. Si les gérants de magasins ont souscrit à une assurance cyberattaque, il est logique qu’elle couvre les pertes d’exploitation, puisque ça concerne le coeur du métier des exploitants. Si elle ne couvre pas les pertes d'exploitation, alors ils ne pourront pas être indemnisés.

Il existe également des exclusions et certains plafonds, comme dans toute assurance. Il n’existe pas de prime standard pour une assurance cyber. Le montant dépend du profil de l’entreprise, de son exposition au risque, des garanties et capitaux choisis, ainsi que des mesures de cybersécurité et de prévention qu’elle a mises en place. Pour une petite entreprise, les offres disponibles sur le marché peuvent représenter une dépense de quelques centaines à quelques milliers d’euros par an, mais une offre individuelle reste nécessaire pour déterminer la prime.

Sait-on combien d’exploitants ont cette assurance cyberattaque ?

Nous ne disposons pas actuellement d’un chiffre consolidé permettant de déterminer précisément combien d’entreprises belges disposent d’une assurance cyber. En général, les plus grosses entreprises la possèdent. Pour un gérant à la tête d’une petite PME, ce n’est pas sûr. Le marché est toutefois en développement, avec des solutions proposées aussi bien aux PME qu’aux grandes entreprises.

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Gondola

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