Dans un climat incertain autour del’avenir des commissions paritaires du commerce, la conclusion d’un accord2026–2027 dans les CP 201 et 202.01 constitue en soi un signal positif. Elleprouve que le dialogue social sectoriel peut encore déboucher sur des compromiséquilibrés. Et surtout, sur des compromis en phase avec les réalités desentreprises.
Sur le fond, les mesures retenuesrestent globalement mesurées. L’indemnité vélo passera de 0.27 à 0,29 €/km dèsjuin 2026. Une évolution dans la continuité de ce qui se fait déjà dansd’autres secteurs. D’autres ajustements sont aussi sur la table. C’est le cas,notamment, de l’intervention de l’employeur dans les frais de déplacement envoiture. Mais ces points sont renvoyés à de futures discussions.
Les partenaires sociaux ont aussimusclé les mécanismes de conciliation. Une commission sectorielle verra le jourpour les entreprises de moins de 20 travailleurs dans le commerce indépendant.Elle réunira les organisations patronales et syndicales. Son objectif : mieuxencadrer les conflits. Sans alourdir le fonctionnement des PME. Et sans faireentrer les organisations syndicales à l’intérieur des entreprises. Autregarde-fou : le recours à cette commission restera volontaire. Aucune desparties ne pourra l’imposer à l’autre.
Autre évolution : la mise en placed’un dispositif concret de lutte contre le stress et le burn-out. En cause,notamment : l’agressivité des clients. Le mécanisme repose sur un partenariatavec PULSO. Les travailleurs pourront accéder, sur base volontaire, à unaccompagnement psychologique confidentiel. Celui-ci sera financé en grandepartie par le fonds social.
L’accord introduit aussi un droit àdemander huit week-ends libres par an. Leur organisation devra se faire enconcertation dans l’entreprise. Cette mesure ne concernera toutefois que lesmagasins de plus de 5 employés.
Dans le même esprit, les partenairessociaux misent sur la stabilité. Les règles sectorielles en matière de temps detravail sont maintenues, en particulier la durée minimale hebdomadaire. Lesdispositifs de crédit-temps, eux aussi, sont prolongés jusqu’en 2029.
Mais le point le plus frappant de cetaccord est peut-être ce qu’il ne contient pas. Aucune obligation généralisée enmatière de titres-repas n’a été retenue. Les organisations syndicalesplaidaient pourtant pour l’instauration d’un montant minimum de 2 € pour tousles salariés. Pour les entreprises, l’enjeu est majeur. Cette absenced’obligation évite une hausse structurelle des coûts dans un secteur déjà souspression. En clair, un employeur sollicité par les syndicats pour octroyer destitres-repas n’est en rien tenu d’accepter.
Enfin, la clause de paix socialeverrouille l’absence de nouvelles revendications jusqu’à fin 2027. Dans unenvironnement économique incertain, cette prévisibilité représente un atout depremier plan pour les PME.
Au final, ces accords ne bouleversentpas le secteur. Mais ils en sécurisent l’essentiel : pas de nouvelles chargesmajeures, des mesures ciblées et un cadre stable. Dans le contexte actuel,c’est déjà beaucoup. Et cela ressemble, en soi, à un succès.
Matthieu Dewevre - UCM