« Chez nous, tout est bio, y compris notre croissance », déclare Julien de Brouwer, cofondateur, en revenant sur les dix ans d’existence de The Barn. La chaîne bio célèbre cet anniversaire avec l’ouverture d’un dixième marché, cette fois-ci à Woluwe-Saint-Lambert.
Tout en main propre
Dix magasins en dix ans : c’est un rythme qui correspond parfaitement à l’ADN de The Barn, sourit Julien de Brouwer, non sans fierté. « Sobre, réfléchi et bio. Tels sont nos marchés de produits frais, telle est notre promesse au client. Nous continuons à tout faire par nos propres moyens, sans investisseurs extérieurs. »
Le tout dernier magasin, qui ouvrira ses portes cet automne à Tomberg, un quartier de Woluwe-Saint-Lambert, n’a donc pas vu le jour du jour au lendemain. « Cela fait déjà deux ans que nous y travaillons », explique Julien de Brouwer. Ce marché de produits frais bio s’installera dans un ancien garage désaffecté. « Ce sont justement ces lieux oubliés auxquels nous aimons donner une seconde vie. Cela revalorise le quartier, et dans la course aux locaux commerciaux traditionnels, nous sommes de toute façon impuissants face aux grandes chaînes de supermarchés. »
Avec Woluwe-Saint-Lambert, The Barn s’implante dans une nouvelle commune bruxelloise, et il en reste encore beaucoup à conquérir : « Il y a certainement encore des zones non couvertes : Anderlecht, Molenbeek, Forest, le centre-ville… Un magasin dans chaque commune, ça devrait être faisable. Nous voyons également des opportunités à Anvers. Mais il faut trouver le bon emplacement et le moment doit être opportun. »
Durable, même en temps de crise
« Si l’on veut croître plus vite, il faut passer par la franchise. Mais cela ne correspond pas à notre concept. Nous voulons garder le contrôle sur notre qualité, nos partenariats et notre mission », explique De Brouwer. C’est en effet, selon lui, la clé du succès : « Les gens apprécient notre approche simple et authentique, surtout en période d’incertitude. »
Malgré des vents contraires sur le plan économique – tels que (encore une fois) l’inflation, la hausse des coûts de transport et les tensions internationales –, le concept continue de porter ses fruits. « Cela affecte nos marges, mais nous ne pouvons pas répercuter ces coûts sur le client », explique De Brouwer. « Le consommateur est, à juste titre, vigilant et attentif aux prix. » Juin a néanmoins été un mois exceptionnel pour The Barn. « Cela donne de l’espoir. Cela prouve que les gens apprécient notre approche. »
La chaîne s’est développée non seulement en taille, mais aussi en profondeur. La formule bio dispose désormais de trois hectares de production propre, ce que De Brouwer qualifie de « pas de géant ». « Avant, nous dépendions de tiers. Désormais, nous contrôlons l’ensemble de notre chaîne, de l’agriculteur au magasin. Nous avons également pu élargir notre offre : aujourd’hui, nous proposons par exemple des noix de cajou dont nous pouvons affirmer avec certitude qu’elles constituent l’option la plus durable disponible. Cela nous confère une autonomie et inspire confiance au client. »
« Ébranlés, mais pas brisés »
Nous vivons aujourd’hui dans un monde différent de celui qui prévalait il y a dix ans, lorsque The Barn a vu le jour. Pourtant, le concept tient toujours la route. « Les crises de ces dernières années – la pandémie de Covid-19, l’inflation, les guerres – nous ont touchés, mais ne nous ont pas brisés. Au contraire : elles nous ont fait prendre conscience de la force de notre modèle. »
Qu’est-ce qui a donc changé au cours de ces dix dernières années ? « À nos débuts, le bio connaissait une croissance à deux chiffres année après année. » C’était un marché en plein essor. Aujourd’hui, le bio stagne à 5 à 6 % du marché alimentaire total et on assiste à une forte vague de consolidation. « On ne voit pratiquement plus de nouveaux acteurs. Mais c’est justement pour cela que nous ressentons la responsabilité de montrer que c’est possible. Ensemble, nous pouvons agrandir le gâteau, au lieu de nous battre pour des parts de marché. »
« Nous ne sommes pas en concurrence avec les grandes chaînes. Faire ses courses chez The Barn est une expérience. Cela ressemble à une visite au marché : frais, authentique et différent du supermarché traditionnel. Nous sommes une alternative. Et cette alternative est de plus en plus appréciée. Nous prouvons qu’un concept bio sobre, transparent et authentique fonctionne – même en période d’incertitude. »
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