Enquête
9/7/26

Qui sont les nouveaux CEO du retail belge ? Alexandros Boussis : “L'Héritier du Royaume”

Être CEO d'une enseigne de distribution belge, est-ce un emploi stable ? Nous nous sommes posé la question après avoir constaté que cinq enseignes belges ont accueilli un nouveau dirigeant au cours de l'année et demie écoulée. Qui sont-ils et quelle est leur mission ? Découvrez-le dans notre série. Cette fois-ci, c'est au tour d'Alexandros Boussis, CEO de Delhaize.

Alexandros Boussis, CEO de Delhaize Belgique

Entrée en fonction : janvier 2026

Collaborateurs : 3.200

Points de vente : 862 (Delfood compris)

Chiffre d'affaires 2025 (estimation Gondola Academy) : (Silvie, lundi), en croissance de 0,0 %

Part de marché 2025 (chiffres Gondola Academy) : 21,9 %, en hausse de 0.0 pt vs. 2024

Son parcours  

Ne vous y trompez pas à la lecture de l'intertitre : ce Bruxellois d'origine grecque n'est en rien lié aux familles actionnaires de l'ex-groupe Delhaize. La formule vaut surtout pour décrire un parcours linéaire jalonné de succès. D'abord classique, depuis la Solvay Business School et la Harvard Business School jusqu'à l'arrivée chez Ernst & Young. Avant d'arriver 5 ans plus tard chez Delhaize et de lui rester fidèle, en y exerçant plusieurs fonctions de responsabilité en tant que VP. Cette enseigne, il la connaît comme sa poche.

Mission et enjeux

Bonne nouvelle : Alexandros Boussis n'a pas besoin d'entreprendre une révolution : il est un membre important de ceux qui l'ont entreprise sous le mandat de Xavier Piesvaux, avec le passage intégral au modèle de l'affiliation. Une décision audacieuse, qui cristallisa un long conflit social. Mais qui a offert à l'enseigne une vraie clarté stratégique, et aussi une vraie souplesse et agilité qui lui procurent aujourd'hui un avantage compétitif indéniable sur des sujets tels que les ouvertures du dimanche. Pendant la crise sociale, Delhaize a fait le gros dos. Et n'a pas tardé ensuite à récupérer ses parts de marché et même aller au-delà. Il serait injuste de ne l'attribuer qu'au seul effet des ouvertures du dimanche et à la dynamique (réelle) des indépendants. L'enseigne au Lion est depuis des années particulièrement habile sur le terrain du marketing et de l'image-prix, parvenant à combiner à travers ses ‘P’tits Lions’ ou les avantages de la carte SuperPlus liés à des valeurs santé, un terrain que l'enseigne s'est un peu attribué. Le marketing, Alexandros le connaît bien : il faisait partie, avec le commerce, de ses attributions avant sa nomination au poste suprême. Significativement, ce programme est passé récemment à la vitesse supérieure, en osant même innover avec une formule (très accessible) d'abonnement. Attendons-nous donc à de la continuité… dans l'audace !

Ses défis et ses atouts

Delhaize a le vent en poupe : est-ce à dire que son patron n'a aucun défi à relever ? Sûrement pas : nous en voyons trois. Si la rentabilité des supermarchés Delhaize figure d'ordinaire dans le haut du panier des indépendants, celle des formules de proximité Proxy et Shop & Go serait plus variable. Et tant qu'à parler d'indépendants : si le nouveau modèle 100 % affiliés a ses avantages, il suppose aussi de nourrir un vrai dialogue avec ses partenaires. Le nouveau patron ne l'ignore pas, et devrait se montrer diplomate. Et puis reste un vrai défi : celui de l'intégration de Delfood et du réseau louis delhaize. Comme pour toute intégration concernant des cultures d'entreprises différentes, le chantier est plus complexe qu'il n'y paraît. Le fait qu'il soit entrepris sans précipitation est déjà un signe positif.

Gondola

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