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8/6/26

“Parmi les plus fortes baisses de ventes mensuelles”: Que se passe-t-il en Belgique ?

Les ventes au détail dans la zone euro ont reculé de 0,4 % au mois d'avril, selon les données de l'office statistique de l'Union européenne Eurostat. Un chiffre inférieur aux prévisions des économistes qui alimente les craintes de récession et laisse apparaître le marché belge parmi les plus impactés par la baisse.

“Parmi les États membres pour lesquels des données sont disponibles, les baisses mensuelles les plus importantes du volume total du commerce de détail ont été enregistrés au Danemark (-4,5 %), en Roumanie (-2,6 %) et en Belgique (-1,8 %)”, a indiqué ce jeudi Eurostat dans son rapport de comparaison d’un mois à l’autre de l’évolution. Un exercice rituel d’agrégation et d’extrapolations plus complexe qu’il n’y paraît, tant les influences sont multifactorielles, dont les enseignements restent à prendre avec le recul critique nécessaire.

“Les pourcentages des variations font l’objet de fréquentes et significatives révisions, compte tenu de la complexité de refléter l’évolution de la quantité totale de biens vendus en corrigeant variations de prix et autres effets de calendrier”, nuance Pierre-Alexandre Billiet, sous sa double casquette d’économiste et de CEO de Gondola. “Cela n’en reste pas moins un indicateur intéressant qui permet de surveiller les tendances, mais les causes exactes restent imprécises car multifactorielles”.

Il ressort ainsi des statistiques que le volume des ventes au détail a diminué de 0,4 % en avril dans la zone monétaire et de 0,5 % dans l'UE. Et ce, après des données révisées à la hausse (+0,8 %) au mois de mars. Ce chiffre s'avère un peu plus marqué que le repli anticipé par le consensus d'économistes et suggère que la hausse des prix de l'énergie, provoquée par la guerre entre les États-Unis, Israël et l'Iran, se fait graduellement ressentir dans les habitudes de consommation.

L'orientation négative s'explique par un recul des produits non alimentaires (-0,9 % dans la zone euro) et surtout des carburants dans les magasins spécialisés (-2,7 %). Les ventes dans l'alimentation, les boissons et le tabac restent quant à elle en croissance (+0,9 %). D'ailleurs, pour l'heure, la variation annuelle affiche une progression de 1,0 % dans la zone euro et de 0,9 % dans l'UE, tirée par les produits non alimentaires (+2,0 %).

Fait notable, les dynamiques comparées entre les pays affichent des disparités très contrastées. Les plus fortes hausses mensuelles des ventes dans le retail se trouvent en Lituanie (+1,9 %), à Malte (+1,0 %) et en France (+0.3 %). Tandis que les plus fortes contractions mensuelles ont été enregistrées sur les marchés danois, roumain, ainsi que belge, ex-aequo avec la Slovaquie. En rythme annuel entre avril 2025 et avril 2026, les meilleures “performances” reviennent à la Lituanie (+8,9 %), la Bulgarie (+7,4 %) et le Luxembourg (+6,6 %). À l'inverse, la Roumanie (-5,7 %) et la Belgique (-2,1 %) subissent les baisses les plus sévères.

Pendant que le retail belge voit ses ventes mincir sur un an, les secteurs français et néerlandais enregistrent tous deux une croissance plutôt solide en comparaison, respectivement de +1,7 % sur la même période. Le retail allemand de son côté témoigne d'une quasi-stagnation (baisse de 0,2 % sur le mois et de 0,3 % sur l'année).

S'il est trop tôt pour en tirer des conclusions, les données d'Eurostat épinglent un secteur du commerce de détail belge qui semble traverser une période de turbulences par rapport à la moyenne européenne. L'écart de performance avec ses trois principaux pays frontaliers laisse penser que la baisse de la consommation en Belgique n'est pas uniquement due à une conjoncture macroéconomique pesante, mais évoque des difficultés économiques régionales, d'inflation ou d'arbitrage de consommation spécifiques au marché.

Gondola

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