Info générale
17/9/26

Ouverture le dimanche : le chiffre d’affaires des supermarchés grimpe de 22 %

Les supermarchés ont vu leur chiffre d’affaires dominical augmenter de 22 % en l’espace d’un an. Les ouvertures le dimanche semblent donc être un succès, même si un effet de déplacement important est à noter : les ventes réalisées le dimanche entraînent une baisse du chiffre d’affaires les autres jours, surtout le samedi.

Les supermarchés ont vu leur chiffre d’affaires dominical augmenter de 22 % en l’espace d’un an. Les ouvertures le dimanche semblent donc être un succès, même si un effet de déplacement important est à noter : les ventes réalisées le dimanche entraînent une baisse du chiffre d’affaires les autres jours, surtout le samedi.

De plus en plus d'enseignes ouvrent leurs propres magasins le dimanche. Delhaize, Carrefour et Okay le font déjà, tout comme la plupart des exploitants indépendants. Aldi et Lidl ont prévu de suivre. Carrefour envisage même d'ouvrir ses propres magasins toute la journée le dimanche dans les zones touristiques, comme Gondola le rapportait la semaine dernière. Cette évolution se reflète dans les comportements d'achat des consommateurs. D'après les données de YouGov, le dimanche s'affirme comme une journée de courses à part entière. La part de marché du dimanche dans les achats de produits de grande consommation a progressé à 5,7 % au cours des sept premiers mois de l'année, contre 5,1 % sur la même période l'an dernier et 4,5 % il y a deux ans. Depuis 2020, cette part a augmenté de près des deux tiers. Le chiffre d'affaires a, lui, bondi de 22 % sur les sept premiers mois de l'année par rapport à la période correspondante. Du côté des magasins de proximité, la hausse atteint 10 %. Au total, la progression s'établit à 15 %. Ces chiffres ne sont pas les seuls à retenir. “Nous constatons aussi que le poids du panier du dimanche est inférieur de 42 % à celui de la semaine”, indique Marine Beaurain, account manager chez YouGov. “En revanche, les clients dépensent 32 % de plus. Ils achètent donc des produits plus chers, sans doute parce qu'ils veulent davantage se faire plaisir le dimanche.” Le dimanche reste toutefois loin d'être une journée de pointe, précise-t-elle. “Aujourd'hui, il est comparable à un lundi, qui est généralement l'une des journées les plus faibles en termes de chiffre d'affaires.” Une progression s'y observe néanmoins. Le ticket de caisse moyen du dimanche représente 80 % de la moyenne hebdomadaire, contre 70 % en 2020.

Une croissance du chiffre d'affaires au détriment des autres jours

Une précision importante s’impose concernant les chiffres de YouGov. Le chiffre d'affaires global des supermarchés ne progresse pas de manière significative. La hausse du dimanche se fait largement au détriment des autres jours. Selon YouGov, 88 % de la croissance des achats dominicaux s'explique par un transfert de chiffre d'affaires depuis le reste de la semaine, le samedi étant le jour le plus touché. Rien d'étonnant à cela : le marché belge du food retail est saturé, sans croissance de volume. En ouvrant le dimanche, les enseignes cherchent avant tout à grappiller des parts de marché aux concurrents qui restent fermés ce jour-là. Pour l'instant, c'est principalement Colruyt Laagste Prijzen qui en fait les frais, l'enseigne résistant jusqu'à présent à l'idée d'ouvrir le dimanche. “L'ouverture dominicale rapporte peu de chiffre d'affaires supplémentaire aux supermarchés dans l'ensemble, mais c'est une attente des clients. Elle pèse dans le choix d'une enseigne”, souligne Marine Beaurain.

Boulangeries et boucheries dans la tourmente

Ce ne sont pas seulement certains supermarchés qui souffrent : boulangeries, boucheries et autres commerces spécialisés voient leur chiffre d'affaires dominical reculer de 5 %. Coïncidence révélatrice, les supermarchés misent aujourd'hui massivement sur leur rayon boulangerie. L'offre en pain et viennoiseries rivalise souvent avec les artisans boulangers, qui drainent traditionnellement une forte clientèle le dimanche. Le constat vaut pour les bouchers. Dans les deux cas, les supermarchés peuvent généralement proposer des prix plus compétitifs grâce à leurs économies d'échelle. Cette tendance transparaît aussi dans le taux de pénétration des achats du dimanche, soit la proportion de consommateurs qui se rendent dans au moins un commerce ce jour-là. Chez les petits indépendants, ce pourcentage a reculé de 2 % ; chez les supermarchés, il a progressé de 6 % sur les sept premiers mois de l'année. Chez les magasins de proximité, la hausse atteint 10 %.

Gondola

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