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14/8/26

Météo extrême : retailers et fabricants contraints de s’adapter

L’été, particulièrement chaud et sec, le montre déjà : les conditions météorologiques extrêmes ont un impact de plus en plus direct sur l’activité des détaillants et des producteurs alimentaires. Alors que les magasins voient leur fréquentation et leur chiffre d’affaires évoluer, des entreprises comme Carrefour et Danone expérimentent des règles d’approvisionnement plus souples et la réutilisation de l’eau.

Les rues commerçantes se vident

Les phénomènes météorologiques extrêmes constituent désormais un risque opérationnel pour les entreprises dans toute l’Europe. L’été chaud et sec de 2026 montre à quel point les températures élevées affectent à la fois les ventes, l’approvisionnement, la logistique et la productivité du travail. Une étude menée par ABN AMRO aux Pays-Bas donne une idée de ce à quoi les détaillants peuvent s’attendre ailleurs en Europe.

Pendant la vague de chaleur de juin, par exemple, les dépenses de consommation aux Pays-Bas ont été en moyenne inférieures de 4 % à la normale. Il s’agissait toutefois en grande partie d’un report : quatre jours après la canicule, les consommateurs avaient déjà entièrement rattrapé leur retard. L’impact varie en outre fortement selon le type de magasin. Au cours de la semaine où l’alerte canicule la plus sévère était en vigueur, les rues commerçantes néerlandaises ont enregistré 13 % de passants en moins par rapport à la même semaine de l’année précédente. Les centres commerciaux couverts ont, au contraire, profité des consommateurs venus y trouver un peu de fraîcheur.

Les supermarchés font également de bonnes affaires pendant les périodes de chaleur : les consommateurs optent plus souvent pour des salades, des produits frais, des plats préparés et des produits pour barbecue – c’est-à-dire des articles offrant des marges plus élevées. Les magasins de bricolage, quant à eux, profitent de la demande en ventilateurs, meubles de jardin et petites piscines.

Trop chaud pour travailler ?

Ces ventes supplémentaires dans les supermarchés ont toutefois un revers. Les températures extérieures élevées mettent les systèmes de réfrigération à rude épreuve, surtout dans les magasins plus anciens. Lorsque ces systèmes ne parviennent pas à évacuer suffisamment la chaleur, les vitrines réfrigérées peuvent devenir trop chaudes. Les commerçants doivent alors retirer des produits de la vente, ce qui entraîne des rayons vides et une perte de chiffre d’affaires.

La livraison à domicile devient également plus difficile : Albert Heijn et Just EatTakeaway.com ont temporairement suspendu leurs livraisons lors de la première vague de chaleur fin juin. D’autres livreurs ont bénéficié de pauses supplémentaires et ont pu adapter leur rythme de travail. La chaleur extrême pèse de toute façon sur la productivité au travail : selon ABN Amro, la règle générale veut que, à partir de 25 degrés Celsius, la productivité diminue de 2 % pour chaque degré supplémentaire.

Plan d’urgence chez Carrefour

Pour le secteur alimentaire, c’est surtout la sécheresse qui constitue un problème croissant. Les prévisions de récoltes européennes ont déjà été fortement revues à la baisse en juillet : 4 % pour les céréales, 6 % pour le maïs, 3 % pour les pommes de terre et 2 % pour les betteraves sucrières. Si la sécheresse persiste, ces prévisions pourraient encore baisser.

Carrefour intervient donc directement sur sa politique d’achat en France. Le distributeur accepte les fruits et légumes qui ne répondent pas aux normes habituelles en matière de calibre ou d’aspect. Carrefour raccourcit également les délais de paiement pour les agriculteurs et intègre certains coûts supplémentaires dans ses prix d’achat. « Face aux conséquences de la sécheresse sur les récoltes et l’élevage, Carrefour met en œuvre un plan d’urgence », indique le distributeur.

En assouplissant temporairement ses spécifications produits, Carrefour souhaite éviter que des produits consommables ne soient perdus alors que l’approvisionnement est sous pression. De tels ajustements pourraient devenir un élément plus structurel de la politique d’achat si les phénomènes météorologiques extrêmes se multiplient.

Danone fournit de l’eau aux agriculteurs

Pour les producteurs agroalimentaires, l’eau est particulièrement essentielle, non seulement comme ingrédient, mais aussi pour la cuisson, la cuisson à la vapeur, le refroidissement et le nettoyage. Ce n’est pas tant le prix que la disponibilité qui risque de poser problème. Cela incite les brasseurs, les producteurs laitiers et d’autres entreprises agroalimentaires à réutiliser l’eau à plusieurs reprises, à rendre leurs processus de production plus efficaces et à récupérer les eaux résiduelles. Danone met même désormais quotidiennement à la disposition des agriculteurs et des horticulteurs de la région 100 000 litres d’eau purifiée issue du processus de production de son usine en Belgique.

L’adaptation au changement climatique passe ainsi de la politique de développement durable à la gestion quotidienne des entreprises. En effet, les phénomènes météorologiques extrêmes créent d’ores et déjà des gagnants et des perdants, parfois au sein d’un même secteur. Une semaine de canicule peut faire chuter considérablement la fréquentation d’une rue commerçante tout en faisant grimper le chiffre d’affaires des supermarchés, des centres commerciaux et des vendeurs de ventilateurs. De même, les détaillants et les producteurs capables d’adapter rapidement leur approvisionnement, leurs magasins, leur logistique et la planification de leur personnel peuvent gagner des parts de marché sous le soleil impitoyable de l’été.

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