Analyse
17/3/26

L’ouverture dominicale chez Lidl met Colruyt et Aldi encore plus sur la défensive

Si Lidl ouvre bientôt ses magasins le dimanche, la pression sur Aldi et Colruyt pour qu'ils fassent de même s'accentue. Conséquence paradoxale : les coûts augmentent, mais pas les revenus. Or, l'alternative est une perte de parts de marché. Impasse ?

Désavantage concurrentiel

Pour être clair, on n'en est pas encore là, mais il est fort probable que Lidl parvienne dans les prochains mois à un accord avec ses partenaires sociaux concernant l'ouverture généralisée des magasins le dimanche , possiblement aux mêmes conditions que chez Okay et Carrefour (sur la base du volontariat, une majoration de 50 % et des titres-repas plus avantageux). Une initiative surprenante de la part du discounter, qui a enregistré des pertes en Belgique ces dernières années et dont la rentabilité ne devrait pas s'améliorer avec cette mesure.

Il est indéniable que l'ouverture dominicale pénalise davantage les concurrents qu'on ne le reconnaît ouvertement. Lidl, Aldi et Colruyt sont sur la défensive. L'ouverture dominicale ne constitue plus un avantage concurrentiel majeur pour les autres, mais surtout un handicap considérable pour les trois retardataires, qui perdent des parts de marché. Ils pourraient donc se voir contraints d'adopter la même approche, même si cela risque d'affecter leurs résultats.

Non rentable

Bientôt, tous les magasins ouvriront-ils le dimanche ? Si Lidl s’y met, Aldi devra peut-être suivre, mais qu’en est-il de Colruyt ? Le leader du marché a maintes fois indiqué que l’ouverture le dimanche n’est pas rentable pour ses magasins à bas prix, car les dépenses moyennes ce jour-là sont plus faibles. Cela pèse sur la rentabilité. Mais la chaîne se trouve face à un dilemme : peut-elle être la seule à persister dans son refus et à rester fermée le dimanche ? Une question épineuse.

Quoi qu'il en soit, l'ouverture généralisée le dimanche ne serait pas financièrement avantageuse pour ces chaînes : les coûts augmentent, mais pas les revenus. Après tout, ce n'est pas parce que les magasins sont ouverts le dimanche que les gens achètent plus de nourriture ; c'est surtout un changement de tendance. Le gâteau ne grossit pas, il est simplement divisé en parts plus petites. De plus, les commerces de proximité et les magasins spécialisés pourraient également en subir les conséquences.

Faire les courses le dimanche ?

La question est de savoir si les discounters peuvent regagner leurs parts de marché perdues en ouvrant le dimanche : des chaînes comme Delhaize, Carrefour ou Albert Heijn proposent une offre qui correspond mieux aux attentes des clients du dimanche, tandis que les enseignes à bas prix ont tendance à cibler les achats de dernière minute.

Il est indéniable que l'ouverture le dimanche s'est avérée un succès pour Delhaize depuis la privatisation de ses magasins. Carrefour se dit également satisfait des premiers résultats obtenus le dimanche. L'enseigne souhaite désormais modifier les horaires d'ouverture : de 8 h à 12 h au lieu de 9 h à 13 h, comme l'indique Wilson Wellens, du syndicat libéral, au journal De Standaard.

Par ailleurs, les syndicats s'opposent à la généralisation de l'ouverture dominicale et à l'augmentation du nombre de travailleurs à temps partiel et d'étudiants dans le commerce alimentaire, tout en reconnaissant leur impuissance face à cette évolution. Les consultations menées au sein des différentes commissions paritaires concernant les conditions de travail très divergentes semblent pour l'instant au point mort.

Retail Detail

Retour aux actualités