Info générale
26/11/25

Les ventes des fêtes menacées par le climat social ?

Une grève peut en cacher d’autres. S’il est difficile de mesurer l’impact qu’aura la grève générale décrétée pour demain dans le secteur du commerce, il faut peut-être davantage s’inquiéter de l’absence d’avancées dans les négociations sectorielles du commerce, où les positions sont très éloignées. Ce qui a conduit les syndicats à décréter en front commun une grève le 4 décembre.

Quel impact la grève nationale de demain aura-t-elle dans le commerce ? Difficile de répondre  anticipativement à cette question. Jusqu’ici, la grève a touché dès hier le secteur de la mobilité, depuis aujourd’hui l’enseignement et le secteur public, et elle est censée s’étendre plus largement demain aux autres secteurs. Dans le cas particulier du commerce, tout pronostic est hasardeux : l’impact dépendra du niveau de mobilisation du personnel des magasins intégrés, probablement bien plus concernés, et variable selon les enseignes. Mais aussi de la probable anticipation opérée par les centrales pour alimenter leur réseau en marchandises, au cas où les dépôts seraient demain en sous- effectif, ou verraient leur accès bloqué par des piquets. Quel que soit le niveau de suivi du mot d’ordre de grève demain dans le secteur du commerce, il est déjà acquis que les trois jours du 24, 25 et 26 novembre seront peu propices au chiffre d’affaires, ne fût-ce que compte tenu d’une circulation moindre de la clientèle, ou de ses craintes - justifiées ou non - de se rendre en magasin pour trouver porte close.

Pour le commerce, la grève du 26 novembre n’est cependant pas la seule. La semaine dernière, le mercredi 19 novembre, se tenait une réunion de négociation sectorielle. Et manifestement, les positions patronales et syndicales sont très éloignées. Côté syndical, on combat l’utilisation accrue d’emplois précaires tels que les flexi-jobs, on s’oppose aux mesures de dérégulation sur le travail de nuit (dont le gouvernement fédéral a annoncé l’assouplissement) et les ouvertures du dimanche. Et sur le délicat sujet de l’harmonisation des commissions paritaires, il y a sans surprise un désaccord sur la nature de l’alignement : à la hausse ou à la baisse ?  Sur ce sujet épineux, le commerce ne parle à vrai dire plus vraiment d’une seule voix, en tout cas dans le commerce alimentaire : la différence entre les CP handicape uniquement ceux qui opèrent sous un modèle intégré, comprenez le groupe Colruyt (sauf Spar), les hard discounters et (partiellement) Carrefour. Sans surprise, les indépendants exploitant leurs magasins en franchise ont déjà fait savoir qu’ils s’opposaient à un alignement des conditions appelé par Colruyt et Lidl.

Côté syndical, où l’on n’a jamais digéré la vague de franchisation des Delhaize, on manifeste sur ce point une grogne manifeste, à en juger par ce commentaire du SETCa sur la réunion de négociation sectorielle du 19 novembre : “Dernier point, et pas le moindre, n’oublions jamais que depuis deux ans et demi et la franchise des magasins Delhaize, l’harmonisation des commissions paritaires n’a jamais eu l’importance qu’elle a aujourd’hui. Nous nous sommes heurtés à un banc patronal qui, malgré les déclarations dans la presse ces derniers jours de certains d’entre eux sur des solutions à trouver, ou encore, malgré les négociations qui sont occupées à avoir lieu dans certaines entreprises, a préféré regarder ses chaussures pendant la négociation sectorielle et demander des « assouplissements. Les travailleurs du commerce auraient déjà suffisamment de droits, ils devraient accepter d’en perdre. “

L’échec de la réunion a conduit les syndicats à déposer en front commun un préavis grève qui expirera le 4 décembre, soit deux jours après la prochaine réunion de négociation prévue le 2 décembre. Et ici, la menace est bien plus réelle pour les distributeurs que celle de la grève nationale de demain : c’est la période commerciale essentielle des fêtes de fin d’année qui est dans le collimateur du SETCa, faute de voir les revendications syndicales prise en compte : “Les employeurs sont donc bien au clair que soit des solutions sont trouvées à cette date-là, soit les fêtes seront mises à mal dans le commerce. Un employeur averti en vaut deux, inutile de tergiverser, des solutions doivent être trouvées.”

Gondola

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