Info générale
8/9/26

Les supermarchés néerlandais souffrent du phénomène des achats transfrontaliers

Les écarts de prix poussent de plus en plus souvent les consommateurs néerlandais à se rendre de l’autre côté de la frontière, notamment pour faire le plein, acheter des produits d’hygiène et faire leurs courses quotidiennes. Même les commerçants qui ne sont pas situés à proximité immédiate de la frontière en ressentent de plus en plus les effets.

Traverser la frontière pour une bonne affaire

Les consommateurs néerlandais font de plus en plus souvent leurs achats en Belgique et en Allemagne en raison des différences de prix. C’est ce qui ressort d’une étude menée par Kieskompas et Panteia à la demande de MKB-Nederland, VNO-NCW et de diverses organisations professionnelles. Dans les communes frontalières néerlandaises, 72 % des consommateurs se rendent spécialement en Belgique ou en Allemagne au moins une fois par mois pour faire leurs achats. À l’échelle des Pays-Bas, cette proportion atteint près de 20 %.

Le prix est de loin la raison principale : 88 % des acheteurs transfrontaliers citent les prix plus bas comme motif. Dans les communes frontalières, ce chiffre atteint 94 %. « Une différence de prix sur un seul produit entraîne souvent toute une série de dépenses de l’autre côté de la frontière. Ceux qui font le plein en Allemagne y font régulièrement leurs courses, achètent des produits de soin ou se rendent dans des établissements de restauration », affirment les organisations patronales.

Les dépenses s’en trouvent ainsi accrues : parmi les acheteurs transfrontaliers issus des communes frontalières, 67 % dépensent chaque mois plus de 100 euros en Belgique ou en Allemagne. Plus de la moitié d’entre eux déclarent aujourd’hui faire leurs achats de l’autre côté de la frontière plus souvent qu’il y a trois ans.

Les commerçants perdent du chiffre d’affaires

Les entrepreneurs en ressentent directement les effets sur leur chiffre d’affaires. Dans les communes frontalières, 45 % d’entre eux constatent, dans une large ou très large mesure, que les clients se tournent vers l’étranger. Huit entrepreneurs sur dix déclarent ainsi subir une perte de chiffre d’affaires. Selon la moitié d’entre eux, cette perte s’élève à plus de 10 %. Il est frappant de constater que cet effet s’étend également plus loin de la frontière : un tiers des entrepreneurs de la région frontalière au sens large déclare perdre des clients au profit de la Belgique ou de l’Allemagne. Même dans les communes situées plus loin de la frontière, ce chiffre atteint encore près d’un cinquième.

L’analyse des données montre en outre que les marges bénéficiaires dans les régions frontalières sont souvent inférieures à celles des entreprises situées à plus de 50 kilomètres de la frontière. Cette différence est particulièrement marquée dans les supermarchés, les bureaux de tabac, les supérettes, les magasins d’alcool et les stations-service.

Pourtant, 65 % des acheteurs transfrontaliers déclarent préférer faire leurs achats aux Pays-Bas. Les deux tiers d’entre eux le feraient même plus souvent si les écarts de prix avec la Belgique et l’Allemagne diminuaient. MKB-Nederland et VNO-NCW s’appuient donc sur ces résultats pour plaider contre de nouvelles hausses de la TVA, des droits d’accise et des taxes à la consommation. L’enquête a porté sur 767 entrepreneurs et 2 570 consommateurs. Les pertes de chiffre d’affaires mentionnées sont des estimations fournies par les entrepreneurs eux-mêmes.

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