Le gouvernement fédéral belge assouplit les règles relatives aux horaires d’ouverture des commerces et supprime dans le même temps le jour de fermeture hebdomadaire obligatoire. Il reste toutefois un dernier obstacle à franchir…
Dernière étape : le Parlement
Les magasins pourront désormais rester ouverts tous les jours jusqu’à 21 heures, alors que jusqu’à présent, l’ouverture était généralement limitée à 20 heures et n’allait jusqu’à 21 heures que le vendredi. Il n’y a également plus de jour de fermeture obligatoire. Du moins, dès que le Parlement aura donné son feu vert. Le Conseil des ministres a déjà donné son accord jeudi, mais la ministre des Classes moyennes, Eléonore Simonet, espère désormais que le Parlement donnera également son accord (avant l’été).
Cette réforme trouve son origine dans l’accord de gouvernement, dans lequel le gouvernement fédéral qualifiait la réglementation existante d’obsolète. Selon Mme Simonet, la législation actuelle n’est plus en phase avec les habitudes de consommation. En accordant des horaires d’ouverture plus larges aux magasins, elle souhaite renforcer la compétitivité des magasins physiques et mieux les armer face à la flexibilité du commerce électronique.
Les petits commerçants craignent une hausse des coûts
L’organisation sectorielle Buurtsuper.be réagit toutefois de manière critique et qualifie la mesure de contre-productive. Selon le porte-parole Luc Ardies, une extension des heures d’ouverture n’entraîne pas une augmentation de la consommation, mais seulement un transfert – avec des coûts (de personnel) plus élevés. Il craint pour la rentabilité des supermarchés. Pourtant, même Aldi a annoncé hier son intention d’ouvrir le dimanche.
Le Syndicat neutre des indépendants (NSZ) met également en garde contre un impact négatif sur les petits entrepreneurs. L’organisation parle d’un « cadeau empoisonné » qui favorise surtout les grandes chaînes, tandis que les indépendants sont confrontés à des heures de travail plus longues et à des coûts salariaux plus élevés.
Liberté pour les entrepreneurs selon le gouvernement
La ministre Simonet nuance les critiques et souligne que la mesure n’implique aucune obligation. Les commerçants conservent la liberté de fixer eux-mêmes leurs heures d’ouverture, explique-t-elle à VRT Nws : « Aujourd’hui déjà, tous les magasins ne profitent pas de la possibilité de rester ouverts jusqu’à 20 heures. Pour eux, rien ne change, ils peuvent toujours fermer à 18 heures. »
Selon la ministre, la réforme vise principalement les commerçants qui subissent aujourd’hui un désavantage concurrentiel par rapport aux magasins étrangers et aux plateformes en ligne. Le Conseil d’État n’a formulé aucune objection de fond à l’encontre de la proposition.
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