Déjà aux prises avec une faible demande et une perception de pouvoir d'achat réduit, le secteur de la distribution européen tremble face à la guerre en Iran et la menace d'embrasement des prix de l'énergie.
La hausse des prix de l'essence et du gaz ne pourra pas rester sans conséquence pour les groupes de la grande distribution. Le secteur se remet à peine de la flambée inflationniste dans le sillage de la guerre en Ukraine. Les producteurs alimentaires, les supermarchés et les enseignes de l'habillement avaient tous augmenté leurs prix de manière significative à la suite du dernier choc des prix de l'énergie en 2022.
Mais depuis se sont ajoutés les perturbations supplémentaires causées par la guerre commerciale de l'actuel président américain.
La demande étant déjà fragile, après des années d'inflation forte, les consommateurs pourraient réagir plus radicalement si les prix s'envolaient à nouveau, a expliqué à Reuters le professeur de finance Christian Eufinger, de l'IESE de Barcelone.
Une mise en contexte que les données récentes du cabinet Weil, spécialisé en restructuration d'entreprises, assombrissent: les indicateurs tels que la baisse de la rentabilité et l'augmentation du risque d'insolvabilité faisaient déjà du retail et des biens de consommation les secteurs les plus en difficultés. Et cela, avant l'envolée des prix du pétrole.
L'impact le plus immédiat pour la distribution s'observe logiquement dans le coût du transport routier des marchandises, qui compte habituellement pour 5 à 10% des dépenses d'exploitation, selon le cabinet de conseil Simon-Kucher. Chance : le printemps arrive et, d’après ce retailer belge « le printemps ne coûte pas trop cher énergétiquement parlant parce qu’on n’est ni sur du chauffage intensif, ni sur de l’airco intensive. » Ce qui coûte plus « c’est la réfrigération et l'éclairage énergivores des magasins » souligne ce retailer belge qui enchaîne :« heureusement, nos achats d’énergie sont tous faits ».
Ce qui l’inquiète nettement plus, par contre, c’est « la perception de pouvoir d’achat qui pourrait baisser chez les clients. Si le prix de l’essence augmente fortement, le consommateur le ressentira de cette façon et pourrait diminuer certaines dépenses »… tandis que certains produits pourraient bel et bien augmenter. Car la soudaine flambée du pétrole a également fait grimper le prix des engrais, ce qui a un impact direct sur les producteurs de denrées alimentaires.
Les chaînes de vêtements, de leur côté, apparaissent comme les plus directement menacées par l'inflation vulnérables car la mode est le premier poste sur lequel les gens réduisent leurs dépenses lorsque les prix de l'alimentation et des autres produits de première nécessité augmentent, précise le cabinet Simon-Kucher à Reuters.
Godola