Le dialogue social concernant l'ouverture dominicale débute mercredi chez Lidl . Si le discounter parvient à un accord avec les syndicats, il accentuera la pression sur ses concurrents Aldi et Colruyt .
Sept jours par semaine
En mars, Lidl avait déjà annoncé son intention d'entamer des discussions exploratoires avec les syndicats afin d'étudier la possibilité d'une ouverture le dimanche. Désormais, un dialogue social formel sur ce sujet débute le mercredi 13 mai. Les concurrents suivent ces discussions de près, car l'impact sur l'équilibre des pouvoirs sur le marché belge pourrait être significatif.
Depuis la scission de tous les supermarchés Delhaize en 2023, et la décision de les ouvrir également le dimanche, la plupart des concurrents sur le marché belge de la grande distribution alimentaire ont considérablement étendu leurs horaires d'ouverture. La plupart des magasins Albert Heijn, Jumbo, Intermarché, Spar et Alvo étaient déjà ouverts le dimanche. Carrefour et Okay, la chaîne de supérettes du groupe Colruyt, ont conclu un accord avec les syndicats pour ouvrir le dimanche dès janvier. Et depuis la décision du gouvernement de supprimer le jour de fermeture obligatoire, la plupart des supermarchés belges sont même ouverts sept jours sur sept.
Situation unique
Mais pas tous : les magasins intégrés de Colruyt, Aldi et Lidl restent fermés le dimanche pour le moment. Cette situation pèse sur leurs parts de marché, comme ils l’ont eux-mêmes reconnu à plusieurs reprises. Pour Colruyt, cependant, l’ouverture dominicale n’est pas rentable car les dépenses moyennes ce jour-là sont trop faibles. Lidl souhaite désormais franchir le pas, suite à quoi Aldi a également annoncé vouloir négocier des ouvertures dominicales, une annonce qui a suscité la colère des syndicats et entraîné des grèves spontanées .
La question est de savoir si les syndicats sont encore disposés à faire preuve de souplesse concernant l'ouverture généralisée du dimanche dans les enseignes discount. Viseront-ils globalement un accord similaire à celui conclu chez Carrefour et Okay ? Cela impliquerait, entre autres, une prime de 50 % et la garantie que le travail du dimanche soit entièrement volontaire. Quoi qu'il en soit, si Lidl parvient à finaliser un accord, Aldi ne peut pas rester à la traîne, et nous pourrions assister à une situation inédite : Colruyt, leader du marché et qui milite depuis longtemps pour une révision des conditions d'emploi au sein des différentes commissions paritaires du secteur de la distribution, serait le seul à ne pas ouvrir le dimanche.
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Photo : Lidl