Les clients qui utilisent activement un chariot connecté pendant leurs courses dépensent en moyenne 32 % de plus que les autres. Ils achètent aussi davantage de produits et restent plus longtemps en magasin, selon une nouvelle étude. Bémol : l'étude évoque un profil de clients mais n'établit pas de lien de causalité.
Quel est l'impact de l'utilisation d'un chariot connecté sur les dépenses des clients ? Des chercheurs de la Bayes Business School ont analysé 12.418 visites en magasin sur une période d'un mois, dans une grande enseigne de supermarché allemande qui testait des chariots connectés. Lors de 9.422 de ces visites, le client a utilisé activement les fonctionnalités numériques du chariot. La conclusion principale ? Les utilisateurs du smart cart ont dépensé en moyenne 30,18 euros, contre 22,89 euros pour les clients n'ayant pas recours à la technologie, soit un écart de 32 %. Ils ont acheté en moyenne 12,02 articles au lieu de 9,61, soit 25 % de plus, et sont restés en magasin en moyenne 40,4 minutes, contre 32,75 minutes pour les non-utilisateurs. Leur visite a ainsi duré 23 % plus longtemps. Ces écarts persistent même en tenant compte des variations horaires : les comportements d'achat diffèrent le soir, en semaine ou le week-end.
Un constat à nuancer
Les résultats semblent spectaculaires à première vue, mais méritent d'être relativisés. L'étude ne démontre pas l'existence d'un lien de causalité entre l'utilisation d'un chariot connecté et des dépenses plus élevées. “Les shoppers qui choisissent d'utiliser un smart cart peuvent tout simplement être un type de shopper différent”, déclare le co-auteur Yusuf Oc. Ils peuvent, par exemple, disposer d'un pouvoir d'achat plus élevé, ou se rendre moins souvent en magasin tout en dépensant davantage à chaque visite. L'étude ne permet donc pas de conclure que le chariot connecté incite lui-même les clients à dépenser 32 % de plus.
Plus d'interactions ne se traduit pas automatiquement par plus de ventes
Les chercheurs formulent d'autres observations intéressantes. Ils ont examiné séparément les “superusers” : des clients ayant interagi vingt fois ou plus avec l'écran au cours de leur visite. Ces derniers ont acheté davantage d'articles et sont restés plus longtemps en magasin, mais leur dépense totale n'a pas progressé proportionnellement. Au-delà d'un certain nombre d'interactions, la valeur du panier a même recommencé à baisser. Le même phénomène s'observe pour la conversion des promotions affichées à l'écran : plus les clients interagissaient, plus la probabilité qu'ils acceptent une offre augmentait dans un premier temps, avant de redescendre chez les utilisateurs les plus intensifs. Le volume d'interactions n'est donc pas, en soi, un bon indicateur de performance commerciale.
La liste de courses révèle un profil de shopper différent
Le comportement des clients ayant chargé une liste de courses dans le système avant leur visite est lui aussi révélateur. Ils ont acheté moins de produits, mais de valeur unitaire plus élevée, et ont quitté le magasin plus rapidement. Pour les chercheurs, cela révèle un usage radicalement différent de la même technologie : ces consommateurs semblent faire leurs courses de façon plus ciblée et plus efficace. Leur taux de conversion sur les promotions pertinentes reste pourtant supérieur à celui des autres shoppers. Ils parcourent moins les rayons, mais se montrent réceptifs à une offre qui tombe au bon moment. Pour les retailers, il est donc important de distinguer les différents profils d'utilisateurs et d'adapter les messages et les promotions en conséquence.
La Belgique à la traîne
En Belgique, les chariots connectés en sont encore à leurs balbutiements. Colruyt est actuellement la seule enseigne à les tester. Le retailer a lancé un premier test de son Smart Cart développé en interne à Hal en mars 2024. Depuis septembre 2025, les clients peuvent réellement l'utiliser pour faire leurs courses. En mars et avril 2026, Colruyt a étendu le test à respectivement Kessel-Lo et Waterloo. Le Smart Cart de Colruyt se distingue toutefois des chariots utilisés dans l'étude allemande. Les clients l'activent via leur app ou leur carte Xtra. Cinq caméras lisent les codes-barres des produits, tandis que des capteurs et l'IA vérifient que ceux-ci sont bien enregistrés. Une liste de courses Xtra préalablement constituée s'affiche à l'écran et se met à jour automatiquement pendant les courses. Les réductions sont appliquées immédiatement et le montant total reste visible en permanence. Les produits sans code-barre sont enregistrés via des balances intelligentes. À l'issue des courses, le client doit passer par une caisse Smart dédiée : il ne s'agit donc pas d'une solution entièrement sans caisse. Le chariot est également adapté au modèle de distribution spécifique de Colruyt. Ses côtés ouverts permettent aux clients de poser directement des caisses pliables ou des cartons sur le chariot, ce qui facilite aussi l'achat et le transport de volumes plus importants.
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