Un nouvel accord social a été conclu pour le commerce de détail indépendant en Belgique, concernant les commissions paritaires 201 et 202.01. Cet accord prévoit notamment huit week-ends libres garantis par an et la création d’une commission de médiation sociale.
Une commission pour désamorcer les conflits sociaux
Les organisations patronales et syndicales sont parvenues à un accord pour les quelque 109 000 employés permanents du commerce de détail, notamment dans les magasins de mode, d’électroménager et de meubles, les jardineries et les supermarchés indépendants. Les grandes chaînes de supermarchés indépendantes telles que Delhaize, Carrefour, Albert Heijn, Jumbo et Spar sont également concernées par cet accord.
Les partenaires sociaux prolongent les conventions collectives existantes concernant notamment le crédit-temps et augmentent l’indemnité de déplacement à vélo. En outre, l’accord garantit désormais huit week-ends de congé par an sous certaines conditions. Deux nouvelles initiatives retiennent toutefois particulièrement l’attention : une commission de médiation sociale et un projet de prévention autour de la maladie de longue durée et du burn-out.
À partir du 1er janvier 2027, le secteur se dotera d’une « commission de médiation sociale ». Des représentants des employeurs et des travailleurs y siégeront sur une base paritaire, sous la présidence du Service public fédéral Emploi. La commission devra intervenir lorsque les entreprises ne pourront plus résoudre elles-mêmes les conflits internes. Grâce à cette structure, le secteur entend éviter les escalades et s’attaquer plus rapidement aux tensions sociales sur le lieu de travail.
Parcours d’accompagnement contre le burn-out
Par ailleurs, les partenaires sociaux lancent un projet commun visant à prévenir les absences de longue durée dues à des problèmes psychologiques. Les employés de commerce auront la possibilité de bénéficier d’un accompagnement individuel par des psychologues spécialisés. Les employeurs prendront en charge la moitié des coûts, tandis que les fonds sociaux au sein des comités paritaires concernés financeront l’autre moitié. Ce projet doit contribuer à prévenir le stress et le burn-out et à accompagner plus rapidement les personnes en arrêt de longue durée dans leur réintégration.
Bart Buysse, PDG d’UNIZO, lie explicitement cette initiative à la pression croissante dans le secteur du commerce de détail. « Les employés de magasin sont malheureusement de plus en plus exposés à un stress accru », déclare-t-il. « Face au problème des absences de longue durée, le secteur souhaite ainsi assumer ses responsabilités. »
Le commerce en ligne accentue la pression sur les magasins
Selon UNIZO et Buurtsuper.be/ UCM et APLSIA, l’accord doit renforcer l’attractivité des emplois dans le commerce de détail à un moment où les magasins physiques sont de plus en plus en concurrence avec le commerce électronique. Buysse renvoie donc à l’ensemble des mesures prévues dans l’accord. « Dans le même ordre d’idées, il y a le dispositif concernant les huit week-ends de congé garantis chaque année sous certaines conditions et la création de la « Commission de médiation sociale ».
Luc Ardies (Buurtsuper.be) qualifie l’accord d’investissement dans l’avenir du secteur. « Il est important que nous déployions des efforts dans le commerce de détail pour améliorer la qualité du travail et la satisfaction professionnelle », déclare-t-il. « Non seulement en période de pénurie de main-d’œuvre, mais aussi à long terme, nos employeurs doivent pouvoir motiver leurs employés de magasin à donner le meilleur d’eux-mêmes, afin de pouvoir faire face à la concurrence face à la part croissante du commerce en ligne. »
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