Analyse
7/10/26

La réforme de la TVA en Belgique risque de faire grimper le prix du panier de courses, malgré le « taux zéro »

Le gouvernement fédéral belge envisage un nouveau modèle de TVA avec des taux de 0, 9 et 22 %. Les produits alimentaires de base deviendraient moins chers, mais pour le client moyen des supermarchés, le montant total de la facture risque tout de même d’augmenter.

Des produits sains moins chers, des en-cas plus chers

Le gouvernement fédéral belge étudie une refonte en profondeur de la TVA : 0 % sur les denrées alimentaires de base, 9 % sur un large éventail de produits actuellement soumis à un taux de 6 ou 12 %, et 22 % comme nouveau taux standard. Cette réforme s’inscrit dans la recherche par le gouvernement De Wever de plusieurs milliards de marge budgétaire supplémentaire, mais elle fait encore l’objet d’intenses négociations.

La mesure la plus marquante est l’éventuel taux zéro sur les denrées alimentaires de base indispensables. Les légumes frais, les fruits, le pain, le lait et les œufs passeraient ainsi d’une TVA de 6 % à 0 %. Selon un calcul du HLN, une famille flamande moyenne paierait ainsi environ 151 euros de TVA en moins par an sur cette catégorie. Un chou-fleur à 1,79 euro coûterait par exemple théoriquement 1,69 euro.

Mais cette mesure s’accompagnerait d’une augmentation pour de nombreux autres produits alimentaires. La viande, le poisson, certains produits laitiers, les biscuits, les snacks et les boissons gazeuses passeraient, selon le modèle étudié, de 6 à 9 %. Pour une famille flamande moyenne, cela représenterait un surcoût d’environ 102 euros par an. Dans le panier de courses type de HLN, composé de 35 produits, la facture totale passerait ainsi de 80,79 à 81,87 euros : soit 1,08 euro, ou 1,34 %, de plus.

Lidl y voit une opportunité

Lidl s’implique d’ores et déjà explicitement dans le débat. Le discounter demande au gouvernement fédéral de supprimer totalement la TVA sur les fruits et légumes frais et s’engage à répercuter intégralement cette baisse sur le prix en magasin. « Faisons en sorte que le choix le plus sain soit aussi le choix le moins cher », tel est l’appel lancé par Lidl.

Le distributeur affirme qu’un taux zéro pourrait rendre les produits frais plus abordables tout en orientant les comportements de consommation. Lidl cite en exemple le Danemark, où la chaîne avait elle-même appliqué temporairement, en 2024, une réduction équivalente à la TVA sur les fruits et légumes. Selon le distributeur, les ventes avaient alors augmenté de plus de 10 % pendant cette opération.

Qui profitera de la baisse de la TVA ?

Reste toutefois à savoir si les prix à la consommation baisseront réellement. Les détaillants et les producteurs pourraient en effet conserver une partie de la réduction fiscale dans leur marge. Pour les détaillants, la réforme va d’ailleurs bien au-delà de l’alimentation. Selon la piste évoquée, le taux standard passerait de 21 à 22 %. Cela concernerait notamment les cosmétiques, les produits d’entretien, les vêtements, l’électronique et l’alcool.

Comme les consommateurs dépensent beaucoup plus dans ces catégories qu’au supermarché, cette augmentation d’un point de pourcentage pourrait finalement peser plus lourd que les changements au sein du secteur alimentaire. Selon les calculs cités, une famille flamande moyenne paierait ainsi environ 143 euros supplémentaires par an. Les détaillants mettent également en garde contre une augmentation des achats transfrontaliers si une hausse du taux belge accentue les écarts de prix avec la France, les Pays-Bas ou l’Allemagne.

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