Après avoir quitté l'Italie, Carrefour cède ses magasins roumains à un groupe d’entrepreneurs locaux. Alexandre Bompard mène tambour battant sa stratégie de recentrage sur les trois marchés désignés comme stratégiques : France, Brésil et Espagne. La Pologne et l’Argentine sont les prochains sur la liste. Pas un mot sur la Belgique. Mais on suivra avec attention ce qui sortira des réunions stratégiques prévues mercredi prochain.
Ça n’a pas traîné : il n’aura fallu que quelques mois pour que le groupe Carrefour passe de l’intention de se séparer de ses 478 magasins en Roumanie à sa concrétisation. Le distributeur annonce aujourd’hui par voie de communiqué avoir cédé ce parc commercial pour un montant de 823 millions d’euros à Paval Holding, une structure détenue par des entrepreneurs roumains possédant la chaîne locale de DIY Dedeman. Carrefour Roumanie, c’est 3,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires, un Ebitda de 173 millions d’euros, un résultat opérationnel de 29 millions d’euros et une dette de 308 millions d’euros.
Voilà donc une opération rondement menée. Qui aurait pu le croire voici un peu moins de trois ans, quand Carrefour avait acquis les hypermarchés roumains de Cora ? Mais entretemps, en février 2025, le patron du groupe, Alexandre Bompard, avait lancé une “revue stratégique” qui se proposait de réévaluer ses opérations internationales sans le moindre tabou, et de se recentrer sur trois marchés stratégique : la France, le Brésil et l’Espagne. L’Italie, déficitaire ? Carrefour s’en débarrasse l’été dernier. En ne faisant pas mystère du sort qu’il entrevoit pour la Roumanie, la Pologne, l’Argentine. Et la Belgique, dans tout ça ? Le groupe restait silencieux, ce qui ne tarda pas à faire ressurgir récemment les rumeurs de départ que la filiale belge ne cesse pour sa part de démentir à intervalles réguliers depuis 15 ans. A tort ou à raison. Le regain de forme de la filiale belge sous la houlette de Geoffroy Gersdorff, qui avait été explicitement chargé lors de sa nomination par Alexandre Bompard de ramener Carrefour Belgium à la rentabilité, a été très méritoirement concrétisé. Mais ceci ne vaut pas garantie : après tout, Carrefour Roumanie était rentable, comme on l’a vu plus haut.
Mercredi 18 février : un rendez-vous très observé en Belgique
Derrière ce silence pudique du groupe qui alimente l’incertitude, il est permis de voir une explication très rationnelle. Pour évoquer publiquement un tel retrait, il faut encore que les banques d’affaires diligentées pour le concrétiser puissent identifier des repreneurs potentiellement intéressés, à des conditions raisonnables. Faute de quoi on s’abstient, on se maintient et on se tait, moins par conviction que par résignation, provisoire ou pas. Nul doute que la présentation du nouveau plan stratégique du groupe, devant fixer ses orientations à l’horizon 2029, sera suivie avec beaucoup d’attention en Belgique. Elle est planifiée pour mercredi prochain en matinée, le 18 février, et et sera suivie l’après-midi par un comité de groupe européen. En attendant, les déclarations faites aujourd’hui par Alexandre Bompard ne feront rien pour dissiper le doute qui entoure les intentions du groupe à l’égard de sa filiale belge : “La cession de Carrefour Roumanie confirme le bon avancement de la revue de portefeuille engagée en 2025. Après les mouvements majeurs réalisés ces douze derniers mois, notamment le rachat des minoritaires de Carrefour Brésil et la cession de Carrefour Italie, le Groupe poursuit sa transformation et son recentrage sur ses trois pays coeurs. C’est dans cette dynamique que nous présenterons les
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