Alors qu’Aurelius se positionne sur Carrefour Belgique et que Jumbo nous admet regarder le dossier, la maison-mère sort prudemment de son silence. Sans fermer la porte à une vente, le groupe français insiste sur la poursuite de ses activités, entretenant le flou sur ses intentions réelles.
Le dossier Carrefour Belgique refait surface. Selon la presse économique, la société d’investissement allemande Aurelius serait intéressée par le rachat des activités belges du distributeur français. Une information qui relance les spéculations autour de l’avenir de la filiale, déjà évoqué ces derniers mois.
Dans le sillage des cessions en Italie et en Roumanie, la position de Carrefour en Belgique interroge en effet depuis plusieurs mois. Dans son plan stratégique, le groupe a laissé entendre que toutes les options restaient ouvertes pour certains pays, sans jamais clarifier explicitement le cas belge. Jusqu’ici, le groupe se refusait d’ailleurs à tout commentaire sur le sujet.
Le groupe Carrefour sort du silence
Pour la première fois, le groupe Carrefour accepte toutefois de réagir aux sollicitations. Dans une réponse adressée à Gondola, le groupe reste mesuré : “Conformément à ce qui a été annoncé lors de la présentation du plan stratégique Carrefour 2030, la revue de portefeuille est désormais terminée. Dans toutes nos géographies, la priorité est de poursuivre la transformation engagée avec succès, d’améliorer la performance opérationnelle et de construire un modèle durable, au service de nos clients et de nos partenaires. Les résultats récents de la Belgique confirment les progrès réalisés et la dynamique positive en cours. Carrefour reste donc pleinement mobilisé pour développer ses activités en Belgique dans la durée.”
Une prise de parole nouvelle, mais qui ne tranche pas clairement la question d’une éventuelle cession. Le groupe met en avant la poursuite de ses activités et une dynamique positive, sans pour autant exclure explicitement l’existence de discussions ou d’un processus en cours.
Cette ambiguïté tranche avec le silence observé jusqu’ici et témoigne d’une volonté de reprendre la main sur le narratif, dans un dossier désormais largement observé par le marché.
Jumbo à l’affût
Au-delà d’Aurelius, d’autres acteurs scrutent la situation. Gondola a notamment appris que Jumbo analyse également certaines opportunités, sans envisager une reprise globale.
Lors d’un entretien avec Gondola, son CEO Jesper Højer confirme cet intérêt ciblé : “Tout le monde observe la situation de Carrefour. Nous ne la considérons certainement pas dans son ensemble, mais nous examinons les opportunités qu’elle peut offrir. Tout magasin qui fonctionne bien et qui peut devenir un Jumbo est le bienvenu.”
Le dirigeant souligne également la dynamique actuelle du groupe en Belgique et le contexte de marché : “Si l’on considère la croissance en Belgique et le positionnement, je ne peux qu’être très satisfait. C’est ce que nous voulons ici aussi. Mais cela a aussi à voir avec les problèmes rencontrés lors de la franchise chez Delhaize et l’agitation que cela a provoquée. À ce stade, Jumbo a pu s’implanter. Nous y voyons certainement des opportunités pour l’avenir.”
Une approche opportuniste, qui contraste avec une éventuelle reprise structurée comme celle évoquée pour Aurelius. Elle illustre aussi l’intérêt que suscite Carrefour Belgique auprès d’acteurs cherchant à renforcer leur présence locale.
À ce stade, aucune décision n’est arrêtée. Mais entre investisseurs financiers et concurrents industriels en veille, le dossier Carrefour Belgique reste ouvert et continue de cristalliser les interrogations sur la stratégie réelle du groupe dans le pays.
Gondola