Analyse
16/7/25

Billet d'humeur - "Docteur, j’ai un match ce soir…"

Il y a des choses dans la vie qui relèvent du mystère … Le Triangle des Bermudes, le Monstre du Loch Ness, et… l’explosion soudaine de certificats médicaux dès que le soleil brille ou qu’un match des Diables Rouges est au programme de la soirée.

Ce billet s’inscrit dans une réalité bien concrète : celle du secteur de la grande distribution, où les absences imprévues pèsent lourd sur l’organisation des équipes, sur la fluidité des rayons, et surtout … sur les épaules de ceux qui restent. Et plus encore chez les indépendants, qui, sans filet, doivent jongler chaque jour avec les imprévus, la pénurie de main-d’œuvre et les exigences croissantes des consommateurs.

Ne nous méprenons pas: nous respectons profondément les personnes réellement souffrantes. Nous sommes nous-mêmes des hommes et des femmes, avec nos coups de fatigue, nos petits bobos du quotidien, nos grands moments de faiblesse. Nous savons ce qu'est la vraie douleur, la vraie maladie, celle qui vous cloue au lit et vous fait regretter de ne pas avoir davantage pris plus soin de vous.

Mais il y a aussi …les autres. Ceux qui souffrent visiblement de « météopathie »sélective : 25 degrés et soleil = toux subite. Ceux qui, étrangement, tombent malades le lundi après un festival, ou le vendredi qui précède un long week-end. Il y a aussi ces grands sportifs du canapé, atteints "d'entorses diplomatiques", ou ceux victimes d’une soudaine panne de réveil chaque fois qu’un grand événement sportif fait vibrer les écrans.

Et puis, il y a la question plus dérangeante, plus profonde : comment se fait-il que certains certificats médicaux semblent délivrés avec une facilité déconcertante ? On envient à se demander si une partie du corps médical, parfois trop accommodante, ne contribue pas involontairement ou non à fragiliser encore davantage un tissu professionnel déjà mis à rude épreuve.
Ces mêmes médecins, souvent en première ligne à l’hôpital, ne manquent-ils pas cruellement de personnel pour soigner, pour accompagner, pour soulager ? La complaisance ne nourrit-elle pas, en silence, la pénurie qu’ils dénoncent eux-mêmes à longueur d’année ?

À tous ceux qui abusent : sachez que votre petit confort momentané pèse lourd sur le dos de vos collègues qui eux, assurent, même enrhumés, même fatigués, parce qu’ils ont le sens du devoir et du respect collectif. Dans le secteur de la distribution, un seul maillon manquant peut gripper toute la chaîne. Et à ceux qui confondent conseils et réprimandes, rappelons qu’un simple échange bienveillant ne remet pas en cause la légitimité de l’arrêt, mais interroge parfois sur son opportunité.

Alors non, nous ne sommes pas des inhumains. Mais nous en appelons à un peu de bon sens, de décence et de responsabilité. Le travail mérite le respect, tout comme la santé. Et si l’envie vous prend un jour de bronzer en paix, prenez donc un jour de congé. Il paraît que ça marche aussi.

Pascal Niclot
Président

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