Info générale
8/10/26

Aldi, Lidl, Colruyt et les syndicats plaident pour l'alignement des commissions paritaires

Aldi, Lidl, Colruyt et les syndicats plaident auprès du ministre de l'Économie et du Travail David Clarinval pour un alignement des commissions paritaires. Celui-ci doit garantir des conditions de concurrence équitables et mettre un terme à la course vers le bas dans le secteur.

Trois enseignes de supermarchés qui font cause commune : le cas est rare. Pourtant, il n'est pas surprenant qu'Aldi, Colruyt et Lidl défendent leur dossier, avec les syndicats, auprès du ministre de l'Économie et du Travail David Clarinval (MR). Leurs revendications sont connues : elles demandent que les commissions paritaires des magasins intégrés et des magasins indépendants soient alignées. Elles veulent ainsi instaurer des conditions de concurrence équitables. Les trois enseignes dénoncent depuis longtemps le fait de devoir se battre à armes inégales face à des concurrents dont les magasins indépendants relèvent d'une autre commission paritaire. Les conditions salariales et de travail sont moins favorables dans le commerce indépendant, et les modes de travail y offrent aussi davantage de flexibilité. Delhaize et Carrefour, entre autres, peuvent ainsi ouvrir plus facilement et à moindre coût des magasins le dimanche. Le leader du marché Colruyt Meilleurs Prix peine aujourd'hui face à une concurrence acérée et perd des parts de marché. Les ouvertures dominicales y jouent un rôle important.

Quelle commission paritaire ?

La demande commune des trois enseignes de supermarchés reçoit le soutien des syndicats. “Nous demandons une seule commission paritaire pour l'ensemble du secteur”, déclare Kevin Kiggen d'ACV Puls. “Il est clair que la réglementation actuelle crée une concurrence inégale entre les enseignes. Il faut y mettre fin. À quoi cela doit ressembler, nous devons en discuter au plus vite.” L'une des pistes sur la table est le modèle néerlandais des supermarchés. Là-bas, c'est l'enseigne qui fixe les conditions salariales et de travail. Que le magasin soit indépendant ou intégré n'y change rien. Des enseignes comme Delhaize et Carrefour ne sont guère favorables à un alignement des commissions paritaires, car elles tirent profit de la situation actuelle. Au sein de la fédération sectorielle Comeos, la question provoque ainsi une division interne.

“Pas de coalition”

Le sujet sera abordé lundi prochain au Conseil central de l'économie (CCE), qui réunit tous les acteurs du secteur. Selon Isabelle Colbrandt, de Lidl, le ministre se montre disposé à s'attaquer au problème. “Cela figure aussi dans l'accord de gouvernement. Reste à voir ce qui sera fait, et à quel rythme.” Un quotidien évoquait aujourd'hui une coalition de trois enseignes de supermarchés, ce que Isabelle Colbrandt juge très exagéré. “Il n'est pas question d'une coalition. Nous avons des intérêts convergents sur ce sujet. Tout le monde le sait.” L'éventuelle harmonisation des commissions paritaires n'est qu'un des points qui seront abordés. L'usage abusif de structures juridiques et les obligations d'achat imposées aux détaillants seront également à l'ordre du jour.

Gondola

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