La croissance du marché belge du foodretail se poursuit mais son rythme a clairement changé. Les chiffres 2025 n’indiquent pas de progression spectaculaire, comme celle observée pendant les années d’inflation. Ils montrent que le marché est davantage dans une phase de stabilisation et confirment que le comportement des consommateurs a fondamentalement changé.
La dépense moyenne par shopper augmente légèrement, à un peu moins de 6.500 euros par an. La dépense par personne continue également de croître. Par rapport aux fortes hausses enregistrées ces dernières années, la croissance est plus modérée, ce qui indique un marché en voie de normalisation.
Mais il faut relever un signal qui a son importance : la légère baisse de la fréquence d’achat par rapport à l’an dernier. Ici encore, après des années de hausse, elle semble se stabiliser.
Toutefois, la tendance fondamentale ne change pas : les petits paniers s’imposent. Autrement dit, la part des petits achats augmente à nouveau, tandis que les paniers de gros achats continuent d’être sous pression. Ce qui était autrefois au cœur du modèle d’achat – les gros achats hebdomadaires – n’est plus le schéma dominant. Le consommateur achète plus régulièrement de manière ciblée et plus près du moment de consommation. Moins concentrés en un seul moment, les achats sont davantage répartis sur plusieurs moments.
On observe également un subtil changement dans le timing des achats, le weekend (re)gagnant un peu de terrain par rapport aux jours de semaine. Cela suggère que les consommateurs concentrent davantage leurs achats autour de leur temps libre et éventuellement des expériences, sans pour autant que le schéma classique des jours de semaine disparaisse complètement. Il est évident que les ouvertures dominicales jouent un rôle dans ce changement.
Les chiffres 2025 ne montrent donc pas de rupture, mais une confirmation. Le consommateur belge n’est pas revenu à l’ancien modèle de gros achats hebdomadaires. Il a trouvé un nouvel équilibre axé sur la fréquence, des paniers plus petits et des choix plus ciblés. Pour le secteur, le défi ne consiste pas à tenter de réimposer l’ancien modèle mais à adopter le nouveau. Ceux qui réussissent à être pertinents dans les micro-moments quotidiens du consommateur construisent une croissance durable sur un marché qui semble moins agité mais qui a subi des changements structurels.
Segmentation : où se trouve la véritable dynamique ?
Derrière cette tendance générale se cachent des différences marquées entre les types de shoppers.
Les jeunes célibataires sont de plus en plus nombreux, mais la valeur qu’ils représentent reste stable
Leur part dans la population augmente fortement. Mais cette croissance ne se traduit pas par un impact économique proportionnel. Leur part en valeur reste quasiment stable, autour de 4 %, et diminue même légèrement par rapport à l’an dernier. Ils achètent moins fréquemment, se rendent dans moins de magasins et restent des acheteurs de petits paniers. Il s’agit d’un groupe cible sensible au budget et flexible.
Célibataires de 40 à 65 ans : valeur stable
Ce groupe reste important sur le plan économique. Les dépenses par personne sont plus élevées que celles des jeunes célibataires et restent relativement stables. Ce groupe cible n’est donc pas un accélérateur de croissance en volume, mais il reste stable et rentable.
Ménages à deux revenus sans enfants : pouvoir d’achat élevé, poids relatif en baisse
Les dépenses par ménage restent importantes mais on constate un recul des parts de marché par rapport à l’ensemble. Comme pour les autres groupes, le comportement évolue vers des paniers plus petits et davantage d’achats le weekend.
Ménages de deux personnes à un seul revenu : moins nombreux mais dépensiers
Leur nombre diminue et pourtant, en 2025, ils ont dépensé en moyenne 7.475 euros par ménage, en augmentation de plus de 17 % par rapport à 2021. Pour l’ensemble du pays, l’augmentation est de 13 %. Ce groupe combine fréquence d’achat élevée et structures d’achat relativement classiques.
Familles avec enfants : le noyau structurel
Les familles constituent le centre de gravité économique du marché. Elles combinent volume, pouvoir d’achat et présence structurelle. Leur comportement évolue également vers des paniers plus petits, mais les gros achats restent relativement importants. Les familles issues des classes sociales les moins aisées affichent une fréquence d’achat remarquablement élevée et une forte croissance des dépenses, en dépit du déclin démographique. Elles dépensent même plus par personne que les familles avec enfants issues des classes sociales favorisées.
Retraités : un moteur de croissance discret
Les retraités issus des classes supérieures gagnent en importance sur le plan économique. Ils dépensent davantage, font très souvent leurs achats et restent très axés sur les jours de semaine. Ici aussi, le petit panier gagne du terrain.
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